Les sillons de l'espace où fermentent des mondes.

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L'hippopotame souffle aux berges du Nil blanc - Et vautre, dans les joncs rigides qu'il écrase, - Son ventre rose et gras tout cuirassé de vase.
Tel que la haute mer contre les durs rivages, - A la grande tuerie ils se sont tous rués, - Ivres et haletants, par les boulets troués, - En d'épais tourbillons pleins de clameurs sauvages.
La terre s'ouvre, un peu de chair y tombe; - Et l'herbe de l'oubli, cachant bientôt la tombe, - Sur tant de vanité croît éternellement.
Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin - Où, sur un grand tas d'or vautrés dans quelque coin, - Ayant rongé le sol nourricier jusqu'aux roches.
J'ai vécu, je suis mort, - Inerte, blême, au fond d'un lugubre entonnoir. - Je descends d'heure en heure, d'année en année, - A travers le Muet, l'Immobile et le Noir.
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