Je les mange, les mots. Je les dévore, je les digère. Ils me courent dans les veines, jusqu'au bout des doigts. Ils se promènent dans mon corps avant de repasser par ma bouche... C'est pour cela que je ne peux pas chanter n'importe quoi. Parce que les mots sont en moi. S'ils ne me plaisent pas, je les recrache.

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On pardonne à un homme d'être vieux. Pas à une femme. Avant que les gens me regardent d'un œil attristé, je préfère m'en aller.
J’aime aller derrière les mots parce qu’il y a autre chose encore. Je ne vais pas à l’évidence. J’aime bien fouiller derrière les mots pour voir.
J'ai eu les meilleurs professeurs du monde, rencontré les plus grands musiciens, peintres, écrivains, poètes.
J'ai été gâtée comme je souhaite à tout le monde de l'être. Je suis comme je suis est une chanson que Prévert avait écrite pour Arletty et qu'il a voulu que je chante. De même que Les Feuilles mortes: c'est lui qui m'a demandé de les chanter...
Le temps qui passe ? Je m'en fous. Tant que je marche, que je cause, que j'entends, que je vois, j'ignore le temps. Si je m'arrête, je saurai peut-être que le temps passe. Mais, pour l'instant, non. Il paraît que c'est le premier mot que j'ai dit: « Non ! »
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Si je me suis mariée trois fois, c'est uniquement par politesse.
Je ne porte pas un intérêt particulier à moi-même, vous savez. J'ai du respect pour moi, parce que je reste cohérente et que je suis folle. Folle de passion, folle d'amour... Mais je ne suis pas narcissique.
Je suis un animal sauvage, totalement impropre au dressage. Je suis arrivée comme ça, je partirai comme ça.
J'ai un sens suraigu de l'injustice. Quant à la liberté... Si je me suis mariée trois fois, c'est uniquement par politesse. « Ne mettons pas nos noms au bas d'un parchemin...» Brassens a raison. Aussi prestigieux que soient les hommes que j'ai épousés, je ne me suis jamais appelée Mme Philippe Lemaire, ni Mme Michel Piccoli, ni Mme Gérard Jouannest. Je m'appelle toujours Gréco.
J'ai toujours eu besoin d'être seule. Seule pour pouvoir travailler en moi. Sans cela, je n'entends rien.