Je donnerais des millions pour qu'une relation ne s'abîme pas, dure. Je ne supporte plus les ruptures. Rompre me met dans un état d'indescriptible souffrance. Je perds toute dignité. Je deviens d'une fragilité infinie. Je pleure. Je marche à l'aveugle. J'ai davantage peur de me faire quitter que de mourir parce que pour moi, la mort, c'est ça : le grand silence qui m'entoure quand l'être aimé est parti, qu'il s'amuse ailleurs, loin, avec un autre, et m'oublie

À lire aussi de Yann Moix

Nous nous sommes imaginés seuls au monde (je note aujourd'hui que je me sens plus seul à deux que tout seul ; tout seul je peux profiter de ma propre compagnie, là où ta présence m'en empêchait).
Rien ne vaut la pédagogie ; elle détient le secret de la mise au monde des vocations.
On voudrait bien s'adorer jusqu'à la tombe, mais des événements viennent défaire les voeux, déraciner les promesse, abîmer l'espérance. On achète, dans l'amour qui naît, un futur qui ne veut jamais exister.
Personne n'est inaccessible à personne. La possession des sublimes n'est fermée qu'à ceux qui préfèrent les livres à la vie et la mort aux baignades.
Je me moquais des myopathes, de la faim dans le monde, de l'Abbé Pierre… Aujourd'hui, l'homme que je suis en a honte. Tout le parcours que j'ai fait depuis, tout mon parcours d'homme, c'est l'histoire de quelqu'un qui a essayé de s'arracher à cette géographie toxique, m'extraire de cette nasse.
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L'humanité, paraît-il, a perdu 10 points de Q.I. en cent ans. Permettez-moi de vous dire que cela se voit.
« Se suicider à l'aveu » est non seulement une expression que je revendique, que j'assume, mais c'est une expression que j'adore. Elle signifie qu'aujourd'hui, celui qui dit la vérité sur lui est devenu l'ennemi. Si je commets un acte, tout va bien. Si je dis comment je commets cet acte, je commence à agacer. Mais si je dis pourquoi je commets cet acte, je deviens l'objet de toutes les haines et l'homme à abattre
Il est parfois difficile d'être entendu, d'être compris. La nuance, du moins sur internet, est morte, la culture est approximative, l'intelligence est défaillante. Je dis : « du moins sur internet » mais cette phrase ne signifie pas grand-chose : internet et le monde réel ne font déjà plus qu'un. Ils étaient distincts il y a dix ans : ce n'est plus cas.
Tous les penchants violents, haineux, criminels de l'être humain moderne ont trouvé une nouvelle réalité pour advenir : les réseaux sociaux. Comme on ne peut tuer « pour de vrai », on tue « pour de faux », mais tout en espérant et en sachant que ce faux a des conséquences dans la vie réelle
Et non, ces propos sur les femmes de 50 ans, qui a donné naissance à un véritable « Fiftygate » n'est pas de la provocation. Je suis un individu qui exprime, non pas la vérité, qui n'existe pas, mais sa vérité. Je ne suis pas attiré par les femmes de 50 ans, bien.