Je me moquais des myopathes, de la faim dans le monde, de l'Abbé Pierre… Aujourd'hui, l'homme que je suis en a honte. Tout le parcours que j'ai fait depuis, tout mon parcours d'homme, c'est l'histoire de quelqu'un qui a essayé de s'arracher à cette géographie toxique, m'extraire de cette nasse.

À lire aussi de Yann Moix

En vrai, personne ne lit les livres des hommes politiques, même pas eux, qui ne les ont le plus souvent même pas écrits.
J'aime la démesure, j'aime la longueur et j'aime ce qui dure. Ce n'est pas un gros livre, c'est simplement une parole qui dure, qui s'allonge et non pas un livre qui s'épaissit.
à 27 ans j'aimais les filles de 27 ans, et c'est toujours le cas. Je suis frappé d'une malédiction assez gidienne : je me comporte toujours comme un adolescent. Les femmes aiment bien les enfants mais nettement moins une autre catégorie : les adolescents. Quand tu es écrivain, tu as un côté enfant, ça c'est bien. Mais il y a un mauvais côté que les femmes ne te pardonnent pas, c'est d'être un adolescent
Qui croit en la vie peut en faire un inépuisable chef-d'œuvre.
L'amour, c'est de l'infini qui se rétracte. Des asymptotes qui se recroquevillent. Des parallèles qui finissent par se croiser.
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J'assume, j'endosse tout. Ce que j'ai fait à l'époque avec 3 ou 4 cons, on était des types complètement paumés. J'écrivais, je dessinais, je produisais de la merde. Ces textes et ces dessins sont antisémites, mais je ne suis pas antisémite. Je me moquais des myopathes, de la faim dans le monde, de l'Abbé Pierre… Aujourd'hui, l'homme que je suis en a honte. Tout le parcours que j'ai fait depuis, tout mon parcours d'homme, c'est l'histoire de quelqu'un qui a essayé de s'arracher à cette géographie toxique, m'extraire de cette nasse.
Plutôt que de tomber dans la merde, je me suis élevé, en étant curieux intellectuellement. Je me suis hissé hors de la bouse, et je suis devenu le meilleur défenseur du judaïsme. J'ai eu la chance de rencontrer Bernard-Henri Lévy, qui m'a évité de devenir l'homme que j'aurais pu être, une pourriture. Je ne suis pas fier, mais heureux de mon parcours. L'âge de 20 ans, c'est fait pour se tromper. Aujourd'hui, alors que ces dessins, ces textes sont ressortis, je me sens libre. Libéré de cette épée de Damoclès avec laquelle je vivais depuis trente ans. Je vais pouvoir continuer mon travail l'esprit dégagé.
J'assume, j'endosse tout. Ce que j'ai fait à l'époque avec 3 ou 4 cons, on était des types complètement paumés. J'écrivais, je dessinais, je produisais de la merde. Ces textes et ces dessins sont antisémites, mais je ne suis pas antisémite.