Qui croit en la vie peut en faire un inépuisable chef-d'œuvre.

À lire aussi de Yann Moix

L'amour remet l'avenir à plus tard. Il est un inabîmable présent - une poussée qui recommence, un hoquet superbe et long, un divin bégaiement.
Un mec de talent est en concurrence avec les autres, alors qu'un génie n'est en concurrence qu'avec lui-même.
J'assume, j'endosse tout. Ce que j'ai fait à l'époque avec 3 ou 4 cons, on était des types complètement paumés. J'écrivais, je dessinais, je produisais de la merde. Ces textes et ces dessins sont antisémites, mais je ne suis pas antisémite. Je me moquais des myopathes, de la faim dans le monde, de l'Abbé Pierre… Aujourd'hui, l'homme que je suis en a honte. Tout le parcours que j'ai fait depuis, tout mon parcours d'homme, c'est l'histoire de quelqu'un qui a essayé de s'arracher à cette géographie toxique, m'extraire de cette nasse.
Je vous dis la vérité. A 50 ans, je suis incapable d'aimer une femme de 50 ans. Je trouve ça trop vieux. Quand j'en aurai 60, j'en serai capable. 50 ans me paraîtra alors jeune
Aimer une femme, c'est aimer l'ensemble des variations autour de cette femme, ses avatars, ses versions plus ou moins fidèles.
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Dans la même œuvre

Ceux qui pénètrent dans les églises, et communient, savez-vous ce qu'ils cherchent à partager ? Ils cherchent à partager ce qui ne se partage pas : la solitude. La solitude est fondamentale. Rien ne triche moins qu'elle.
Aimer, c'est rechercher une présence ; être en couple, c'est rechercher une compagnie. La présence me multiplie ; la compagnie me mutile. La présence m'amplifie ; la compagnie m'atrophie.
Ce qui fait du mal, dans une rupture, ce n'est pas l'absence d'une présence, mais la présence d'une absence.
Il existe en chacun de nous une énergie cachée qui permet l'accès à l'impossible.
Seul à seul avec soi, dans la certitude de soi, dans la solitude de soi : voici un autre enfer. Horreur d'être clos dedans soi, de ne pouvoir être que seulement soi. Infiniment et finement soi, et jamais rien d'autre. Finir là où tout a commencé : en soi, pour soi, à soi, vers soi, au fin fond de soi. Être ramené à soi, à soi seul, comme dans une souricière. Et non seulement n'être que soi, mais n'être que le sempiternel même soi, un soi sans issue, habiter sa tautologie, se confondre avec ce que nous avons fini par être : rien que soi. Soi et rien d'autre. C'est à devenir fou.