Je hais les optimistes et la religion du positivisme qui compte tant d'adeptes. J'aime les désespérés, les hommes perdus, les orphelins.
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J'ai aimé jouer des personnages caricaturaux : il est plus simple d'ajouter des couches d'habits à sa personnalité plutôt que de la déshabiller d'emblée.
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J'aime autant être seul que rencontrer des gens, ce qui est assez paradoxal à moins d'avoir une schizophrénie en floraison incessante. Je prends beaucoup de plaisir à la conversation et n'aime rien tant qu'on me foute la paix : je suis un misanthrope mondain, un solitaire bavard.
Avec moi, ça vient du coeur ou du fusil.
Ah ! Ah ! J'adore ça, jouer les cons ! Et puis ça me convient bien, en plus. J'ai pas à forcer sur la composition !
Les gens me demandent la raison de cette éclosion de talents, mais c'est toujours comme ça: il y a à certains moments, quand personne ne s'y attend, une génération d'acteurs qui apparaît spontanément. Des groupes se forment. Parfois, il ne se passe rien au Conservatoire pendant des années et, soudain, on voit surgir dix personnes en même temps !
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Certains trouvent que j'ai une tête d'acteur. Moi pas. J'ai une tête de rien. Au fond, c'est peut-être le mieux pour être comédien, avoir une tête de rien pour tout jouer.
On le sait peu, mais je siffle très bien. Si je n'avais pas été comédien, j'aurais probablement fait clochard siffleur.
Je hais les optimistes et la religion du positivisme qui compte tant d'adeptes. J'aime les désespérés, les hommes perdus, les orphelins.
Je peux me perdre des heures entières dans une strophe de Baudelaire, y nager inlassablement. Si nous sommes tous nostalgiques du ventre maternel, eh bien, j'ai retrouvé ce confort originel dans les poèmes.
Lorsqu'on tourne un navet, on pense à la viande que l'on pourra acheter avec le cachet. Et ça passe bien, je n'ai pas l'estomac délicat.