Il est certains esprits dont les sombres pensées - Sont d'un nuage épais toujours embarrassées; - Le jour de la raison ne le saurait percer. - Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.

À lire aussi de Nicolas Boileau-Despréaux

L'épigramme, plus libre en son tour plus borné, - N'est souvent qu'un bon mot de deux rimes orné.
Le madrigal, plus simple et plus noble en son tour, - Respire la douceur, la tendresse et l'amour.
Aimez-vous la muscade? on en a mis partout.
Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin - Est toujours, quoiqu'il fasse, un méchant écrivain.
Avant qu'un peu de terre, obtenue par prière, - Pour jamais sous la tombe eût enfermé Molière...
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Dans la même œuvre

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
On lit peu ces auteurs, nés pour nous ennuyer, - Qui toujours sur un ton semblent psalmodier. - Heureux qui, dans ses vers, sait d'une voix légère - Passer du grave au doux, du plaisant au sévère!
Tout doit tendre au bon sens: mais, pour y parvenir, - Le chemin est glissant et pénible à tenir; - Pour peu qu'on s'en écarte, aussitôt l'on se noie. - La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie.
Qui ne sut se borner ne sut jamais écrire.
C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent - Des traits d'esprit de temps en temps pétillent: - Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu; - Que le début, la fin, répondent au milieu.