Qui ne sut se borner ne sut jamais écrire.

À lire aussi de Nicolas Boileau-Despréaux

Ma muse en l'attaquant, charitable et dicrète, - Sait de l'homme d'honneur distinguer le poète.
Un laquais effronté - M'apporte un rouge-bord d'un auvernat fumeux.
Gardez-vous, dira l'un, de cet esprit critique - On ne sait bien souvent quelle mouche le pique.
Maudit soit le premier dont la verve insensée - Dans les bornes d'un vers renferma sa pensée, - Et, donnant à ses mots une étroite prison, - Voulut avec la rime enchaîner la raison.
Reprenez vos esprits et souvenez-vous bien - Qu'un dîner réchauffé ne valut jamais rien.
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Dans la même œuvre

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
On lit peu ces auteurs, nés pour nous ennuyer, - Qui toujours sur un ton semblent psalmodier. - Heureux qui, dans ses vers, sait d'une voix légère - Passer du grave au doux, du plaisant au sévère!
Tout doit tendre au bon sens: mais, pour y parvenir, - Le chemin est glissant et pénible à tenir; - Pour peu qu'on s'en écarte, aussitôt l'on se noie. - La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie.
Il est certains esprits dont les sombres pensées - Sont d'un nuage épais toujours embarrassées; - Le jour de la raison ne le saurait percer. - Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent - Des traits d'esprit de temps en temps pétillent: - Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu; - Que le début, la fin, répondent au milieu.