Ecrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l'ouvrir.

À lire aussi de Christian Bobin

Le monde veut le sommeil. Le monde n'est que sommeil. Le monde veut la répétition ensommeillée du monde. Mais l'amour veut l'éveil. L'amour est l'éveil chaque fois réinventé.
Tout ce qui n'est pas moi et qui m'éclaire. Tout ce que j'ignore et que j'attends. L'attente est une fleur simple. Elle pousse au bord du temps.
Il y a dans la douleur une pureté infatigable, la même que dans la joie, et cette pureté est en route dessous les tonnes d'imaginaire congelé.
Dans l'imaginaire, un écrivain est toujours mort, même quand il est vivant. Et les chanteurs, c'est l'inverse : même morts, ils sont vivants. Il me reste donc à écrire comme on chante.
Je rêve de nommer la rose avec la langue qui est la sienne, et pas seulement avec les mots courants.
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Dans la même œuvre

Je vois le vide qu'il y a entre les hommes, plus grand que celui qui sépare une étoile d'une autre étoile. Chacun travaille, travaille, travaille à son sombre intérêt et ceux qui n'y travaillent pas sont broyés.
Les gitans, les chats errants et les roses trémières savent quelque chose sur l'éternel que nous ne savons plus.
Les fleurs sont les premières gouttes de pluie de l'éternel.
La vraie lumière ne vient que par illuminations, explosions intérieures, non décidables.
Le silence est le cadeau des anges dont nous ne voulons plus, que nous ne cherchons plus à ouvrir.