Je vois le vide qu'il y a entre les hommes, plus grand que celui qui sépare une étoile d'une autre étoile. Chacun travaille, travaille, travaille à son sombre intérêt et ceux qui n'y travaillent pas sont broyés.

À lire aussi de Christian Bobin

La maison de long séjour est appelée «maison de cure». Les infirmes, les vieillards et les agonisants qui la peuplent sont appelés des «résidents». Plus les choses sont dures, plus on leur donne des noms faibles.
La beauté est une manière de résister au monde, de tenir devant lui et d'opposer à sa fureur une patience active.
Mozart écrit, à propos d'un de ses concertos : C'est brillant, mais cela manque de pauvreté.
Contempler suppose d'être en retrait.
Les secrets sont des piments sur le bout de la langue. Tôt ou tard ils mettent la bouche en feu. Tôt ou tard on ouvre la bouche et on montre le petit diable qui faisait sa cuisine entre nos dents serrées.
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Dans la même œuvre

Ecrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l'ouvrir.
Les gitans, les chats errants et les roses trémières savent quelque chose sur l'éternel que nous ne savons plus.
Les fleurs sont les premières gouttes de pluie de l'éternel.
La vraie lumière ne vient que par illuminations, explosions intérieures, non décidables.
Le silence est le cadeau des anges dont nous ne voulons plus, que nous ne cherchons plus à ouvrir.