La télévision, contrairement à ce qu'elle dit d'elle-même, ne donne aucune nouvelle du monde. La télévision c'est le monde qui s'effondre sur le monde, une brute geignarde et avinée, incapable de donner une seule nouvelle claire, compréhensible.
Personne ne peut tenir la vérité près de soi, fût-ce dans le cachot d'une formule. La vérité, on ne peut l'avoir, seulement la vivre.
La télévision c'est le monde qui s'effondre sur le monde, une brute geignarde et avinée, incapable de donner une seule nouvelle claire, compréhensible.
La télévision c'est le monde à temps plein, à ras bord de souffrance, impossible à voir dans ces conditions, impossible à entendre.
L'intelligence est la force, solitaire, d'extraire du chaos de sa propre vie la poignée de lumière suffisante pour éclairer un peu plus loin que soi, vers l'autre là-bas, comme nous égaré dans le noir.
Ce n'est pas l'encre qui fait l'écriture, c'est la voix, la vérité solitaire de la voix, l'hémorragie de vérité au ventre de la voix.
Un peintre c'est quelqu'un qui essuie la vitre entre le monde et nous avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence.
C'est toujours l'amour en nous qui est blessé, c'est toujours de l'amour que nous souffrons même quand nous croyons ne souffrir de rien.
Dans les histoires d'amour il n'y a que des histoires, jamais d'amour. Si je regarde autour de moi, qu'est-ce que je vois: des morts ou des blessés. Des couples qui prennent leur retraite à trente ans ou des couples qui font carrière.
On peut rester dix ans célibataire dans un mariage. On peut parler des heures sans dire un mot. On peut coucher avec la terre entière et rester vierge.
La vérité, on ne peut l'avoir, seulement la vivre.
Pour qu'une chose soit vraie il faut qu'en plus d'être vraie elle entre dans notre vie.
Les mots sont en retard sur nos vies. Tu as toujours été en avance sur ce que j'espérais de toi. Tu as depuis toujours été l'inespérée.
Ce qui fait un couple, c'est la nourriture : un couple c'est quand deux respirent le même air, avalent la même nourriture - la même amertume ou la même joie. Et ces deux-là, qu'est-ce qu'ils mangent ? Ils mangent de la souffrance, du malheur.
Il y a dans la douleur une pureté infatigable, la même que dans la joie, et cette pureté est en route dessous les tonnes d'imaginaire congelé.