Le monde veut le sommeil. Le monde n'est que sommeil. Le monde veut la répétition ensommeillée du monde. Mais l'amour veut l'éveil. L'amour est l'éveil chaque fois réinventé.

À lire aussi de Christian Bobin

D'emblée dans la vie la fatigue touche aux deux portes sacrées: l'amour, le sommeil. L'amour qu'elle use comme de l'eau sur la pierre. Le sommeil qu'elle entasse comme de l'eau sur de l'eau.
Les maisons sont comme les gens, elles ont leur âge, leurs fatigues, leurs folies. Ou plutôt non: ce sont les gens qui sont comme des maisons, avec leur cave, leur grenier, leurs murs et, parfois, de si claires fenêtres donnant sur de si beaux jardins.
La vie me bouleverse comme un papier de soie si fin qu'un regard trop pesant parvient à déchirer. La vie me comble d'être aussi parfaitement menacée. Le déchirement me donne joie et rire.
La vérité est sur la terre comme un miroir brisé dont chaque éclat reflète la totalité du ciel.
Dans les choses que nous voulons il y a toujours plus que les choses elles-mêmes.
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Dans la même œuvre

Les professeurs sont des gens qui apprennent aux autres les mots qu'eux-mêmes ont trouvés dans les livres.
Les hommes vont en aveugle dans leur vie. Les mots sont leur canne blanche.
Très peu de vraies paroles s'échangent chaque jour. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler.
La beauté, le Christ n'en parle jamais. Il ne fréquente qu'elle, dans son vrai nom: l'amour. La beauté vient de l'amour comme le jour vient du soleil, comme le soleil vient de Dieu, comme Dieu vient d'une femme épuisée par ses couches.
La beauté vient de l'amour comme le jour vient du soleil.