La grâce se paie toujours au prix fort. Une joie infinie ne va pas sans un courage également infini. Dans tes rires c'est ton courage que j'entendais - un amour de la vie si puissant que même la vie ne pouvait plus l'assombrir.
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La vie me bouleverse comme un papier de soie si fin qu'un regard trop pesant parvient à déchirer. La vie me comble d'être aussi parfaitement menacée. Le déchirement me donne joie et rire.
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À lire aussi de Christian Bobin
Il y a deux sortes de personnes à qui il est impossible de faire un cadeau: celles qui ont déjà tous les biens de ce monde et celles qui en sont complètement détachées.
Dans la vie on se nourrit les uns les autres et ensuite on se quitte.
Ce qui est blessé en nous demande asile aux plus petites choses de la terre et le trouve.
L'émerveillement n'est pas l'oubli de la mort, mais la capacité de la contempler comme tout le reste, comme l'amer et le sombre : dans la brûlure d'une première fois, dans la fraîcheur d'une connaissance sans précédent.
Dans la même œuvre
Dans la vie on se nourrit les uns les autres et ensuite on se quitte.
Le monde va toujours vers le pire. Dès qu'on le laisse aller seul, le monde va vers la destruction du faible et du précieux en nous.
Et c'est quoi, la fin d'un livre. C'est quand vous avez trouvé la nourriture qu'il vous fallait, à ce jour, à cette heure, à cette page.
L'écriture, par le rythme d'une voix, le mouvement d'une phrase, calme la conscience ordinaire et réveille une conscience du dessous, plus fine, à vif : l'écrivain est à la fois anesthésiste et chirurgien. Il endort l'âme avant de l'ouvrir.
Je ne cherche jamais l'écriture. C'est elle qui me vient. C'est quelque chose qui sort du monde et qui me blesse. Ecrire c'est se découvrir hémophile, saigner de l'encre à la première écorchure, perdre ce qu'on est au profit de ce qu'on voit.