Car c'est être poète que regarder la vie et la mort en face, et réveiller les étoiles dans le néant des coeurs.
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L'écriture, par le rythme d'une voix, le mouvement d'une phrase, calme la conscience ordinaire et réveille une conscience du dessous, plus fine, à vif : l'écrivain est à la fois anesthésiste et chirurgien. Il endort l'âme avant de l'ouvrir.
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... ce qu'on emprisonne nous retient dans la prison. Ce qu'on détruit nous détruit à son tour.
Il y a ainsi des gens qui vous délivrent de vous-même - aussi naturellement que peut le faire la vue d'un cerisier en fleur ou d'un chaton jouant à attraper sa queue. Ces gens, leur vrai travail, c'est leur présence.
Celui qui attend est comme un arbre avec ses deux oiseaux, solitude et silence. Il ne commande pas à son attente. Il bouge au gré du vent, docile à ce qui s'approche, souriant à ce qui s'éloigne.
La floraison des cerisiers ne dure pas. L'essentiel on l'attrape en une seconde. Le reste est inutile.
Dans la même œuvre
Dans la vie on se nourrit les uns les autres et ensuite on se quitte.
Le monde va toujours vers le pire. Dès qu'on le laisse aller seul, le monde va vers la destruction du faible et du précieux en nous.
Et c'est quoi, la fin d'un livre. C'est quand vous avez trouvé la nourriture qu'il vous fallait, à ce jour, à cette heure, à cette page.
Je ne cherche jamais l'écriture. C'est elle qui me vient. C'est quelque chose qui sort du monde et qui me blesse. Ecrire c'est se découvrir hémophile, saigner de l'encre à la première écorchure, perdre ce qu'on est au profit de ce qu'on voit.
Ecrire c'est refuser les aliments proposés par le monde et rechercher, dans la maigreur affolante d'une phrase ou dans son développement boulimique, la vraie nourriture, celle qui fera grandir, et cette recherche par elle-même est déjà nourricière.