L'esprit, comme la nature, a horreur du vide. Dans le vide, la nature met l'amour ; l'esprit, souvent, y met la haine. La haine occupe.
La faculté féminine de dédaigner est extraordinaire.
Gravir est de l'homme, grimper est de la bête ; il gravissait et grimpait.
Pourquoi dit-on un amoureux ? On devrait dire un possédé. Etre possédé du diable, c'est l'exception ; être possédé de la femme, c'est la règle. Tout homme subit cette aliénation de soi-même.
On est fait prisonnier par l'âme d'une femme. Par sa chair aussi. Quelquefois plus encore par la chair que par l'âme. L'âme est l'amante ; la chair est la maîtresse.
Vivre dans un autre est périlleux. L'égoïsme est une bonne racine du bonheur.
Condamnés tous à mort avec des sursis indéfinis, c'est pour nous un objet de curiosité étrange et douloureuse, que l'infortuné qui sait précisément à quelle heure son sursis doit être levé.
Cette foi à l'auberge fait partie des racines de la providence dans l'homme. Croire à un gîte, c'est croire en Dieu.
Venez à nous, beautés touchantes ! - Viens à moi, toi, mon bien, ma loi ! - Ange ! viens à moi quand tu chantes, - Et, quand tu pleures, viens à moi !
Voilà longtemps que celle avec qui j'ai dormi. - O Seigneur ! a quitté ma couche pour la vôtre, - Et nous sommes encore tout liés l'un à l'autre, - Elle à demi vivante et moi mort à demi.
Ah ! le peuple ! océan ! onde sans cesse émue, - Où l'on ne jette rien sans que tout ne remue ! - Vague qui broie un trône et qui berce un tombeau ! - Miroir où rarement un roi se voit en beau !
La volonté, c'est le clou auquel on accroche son projet pour l'avoir toujours devant les yeux.
Ce que le flot dit aux rivages, - Ce que le vent dit aux vieux monts, - Ce que l'astre dit aux nuages, - C'est le mot ineffable : Aimons !
Les poètes cherchent les belles. - La femme, ange aux chastes faveurs, - Aime à rafraîchir sous ses ailes - Ces grand fronts brûlants et rêveurs.
Moi qui ne cherche dans ce monde - Que la seule réalité, - Moi qui laisse fuir comme l'onde - Tout ce qui n'est que vanité, - Je préfère aux biens dont s'enivre - L'orgueil du soldat ou du roi, - L'ombre que tu fais sur mon livre - Quand ton front se penche sur moi.
L'amour seul reste. - O noble femme - Si tu veux dans ce vil séjour, - Garder ta foi, garder ton âme, - Garder ton Dieu, garde l'amour !
Conserve en ton coeur, sans rien craindre, - Dusses-tu pleurer et souffrir, - La flamme qui ne peut s'éteindre - Et la fleur qui ne peut mourir !
Oh ! Comme cela est vrai, n'est-ce pas, que la lumière réelle, la seule lumière est celle qu'on a en soi !
Nuages et vêtements font obstacle à la contemplation. La beauté et l'infini veulent être regardés sans voiles.
L'idée de l'infini se dégage du beau comme l'idée du beau se dégage de l'infini. La beauté, ce n'est pas autre chose que l'infini contenu dans un contour.
La censure à l'haleine immonde, aux ongles noirs, - Cette chienne au front bas qui suit tous les pouvoirs, - Vile, et mâchant toujours dans sa gueule souillée, - O muse ! quelque pan de ta robe étoilée !
C'est qu'il faut un chaos à qui veut faire un monde.
La nature est la grande lyre, - Le poète est l'archet divin !
Le corps humain ne pourrait bien n'être qu'une apparence. Il cache notre réalité. Il s'épaissit sur notre lumière ou sur notre ombre. La réalité c'est l'âme. A parler absolument, notre visage est un masque. Le vrai homme, c'est ce qui est sous l'homme.
La réalité c'est l'âme. A parler absolument, notre visage est un masque. Le vrai homme, c'est ce qui est sous l'homme.
Œuvres de Victor Hugo
A maman, Poème écrit le 27 septembre 1816.A propos de Shakespeare.Actes et Paroles (1875-1876)Actes et Paroles (1875-1876), Avant l'exilActes et Paroles (1875-1876), Avant l'exil, 2 mars 1848Actes et Paroles (1875-1876), III, XXII, Pour un soldat, février 1875Actes et Paroles (1875-1876), IV, Discours pour Voltaire, 30 mai 1878Actes et Paroles (1875-1876), Pendant l'exil, 24 février 1855Actes et paroles - Pendant l'exil (1875), 5 septembre 1870Amy RobsartAngelo, tyran de Padoue (1835)ApocrypheAprès l'hiverAristophaneAux membres du Congrès international pour l'avancement des sciences sociales, 22 septembre 1862.Aux élus de droite de la chambre des députés.Bug-Jargal (1826)Carnets, albums, journauxChoses vues (1849-1869)Choses vues (1849-1869), 1849