Auteur

Simone de Beauvoir

«A quoi bon voyager? on ne se quitte jamais», m'a dit quelqu'un. Je me quittais; je ne devenais pas une autre, mais je disparaissais.
Entre être Freud et ne rien faire, il y a beaucoup d'intermédiaires.
Ecrire est un métier... qui s'apprend en écrivant.
Comment peut-on aimer un intellectuel? Ils ont une balance à la place du coeur et une petite cervelle au bout de la queue.
Lorsqu'on prétend se jouer des salauds, en vérité on se compromet avec eux.
Tout ce qu'on fait finit par se défaire, je sais. Et dès l'heure où l'on naît on commence à mourir. Mais entre la naissance et la mort il y a la vie.
Il y a dans les voyages des moments qui sont des promesses, et d'autres, qui sont des souvenirs.
Elever un enfant, ce n'est pas en faire une belle image.
Qu'a-t-on fait de moi ? Cette femme qui n'aime personne, insensible aux beautés du monde, incapable même de pleurer, cette femme que je vomis.
Socialement une femme n'est rien sans homme.
L'amour est assolant quand on n'aime plus. Tout ce temps perdu.
Pour atteindre sa vérité, l'homme ne doit pas tenter de dissiper l'ambiguité de son être, mais au contraire d'accepter de la réaliser : il ne se rejoint que dans la mesure où il consent à demeurer à distance de soi-même.
Le malheur qui vient à l'homme du fait qu'il a été un enfant, c'est donc que sa liberté lui a été d'abord masquée et qu'il gardera toute sa vie la nostalgie du temps où il en ignorait les exigences.
Les humanistes de la Renaissance sont un exemple du secours que l'enracinement dans le passé peut apporter à un mouvement de libération.
Vivre un truc, ça ne veut pas dire le subir stupidement ; j'accepterais de vivre à peu près n'importe quoi, justement parce que j'aurais toujours la ressource de le vivre librement.
Pourquoi accorder tant d'importance à un instant, puisqu'il n'y aura pas de mémoire.
Seule la lecture, avec une économie de moyens - juste ce volume dans ma main - crée des rapports neufs et durables entre les choses et moi.
Dans les périodes difficiles de ma vie, griffonner des phrases - dussent-elles n'être lues par personne - m'apporte le même réconfort que la prière au croyant : par le langage, je dépasse mon cas particulier, je communie avec toute l'humanité.
Du soupçon à la certitude, il y a moins de distance que de la séparation à l'entente.
Toi et moi, on ne fait qu'un ; c'est vrai, tu sais, on ne peut pas nous définir l'un sans l'autre.
On ne peut pas mener une vie correcte dans une société qui ne l'est pas.
Et mon âme n'était pas moins précieuse aux yeux de Dieu que celle des enfants mâles : pourquoi les eussé-je enviés ?
Je déteste ces femmes qui s'habillent comme des chaisières pour montrer qu'elles ont des idées sociales.
Je suis un intellectuel. Ça m'agace qu'on fasse de ce mot une insulte : les gens ont l'air de croire que le vide de leur cerveau leur meuble les couilles.
Il n'y a qu'un seul bien, c'est d'agir selon sa conscience. Si cela est vrai, il est vain de vouloir dominer la terre ; on ne peut rien pour les hommes, leur bien ne dépend que d'eux mêmes.

Œuvres de Simone de Beauvoir

A propos de la mort de François Mauriac.Cité par Olivier Todd dans Un fils rebelle (1981).Correspondance croisée avec Jacques-Laurent Bost (2004)Entretien donné en janvier 1978 par la féministe, auteure du « Deuxième Sexe », à Pierre Viansson-Ponté, pour Le MondeIn La force des choses de Simone de BeauvoirL'Amérique au jour le jourL'Amérique au jour le jour (1948)L'InvitéeL'Invitée (1943)La Femme rompue (1968)La Force de l'âge (1960)Le Deuxième Sexe (1949)Le Sang des autresLes Belles Images (1966)Les Mandarins (1954)Les Temps modernes, numéros 109 à 115 (1955), Jean-Paul Sartre.Les bouches inutilesLes bouches inutiles (1945)Lettres à Nelson Algren (1997)Mémoires d'une jeune fille rangée (1958)