Œuvre
Une mort très douce (1965)
On ne meurt pas d'être né, ni d'avoir vécu, ni de vieillesse. On meurt de quelque chose.
Dur travail, de mourir, quand on aime si fort la vie.
Rien, jamais, n'abolit notre enfance.
Tous les hommes sont mortels: mais pour chaque homme sa mort est un accident et, même s'il la connaît et y consent, une violence indue.
Il n'y a pas de mort naturelle: rien de ce qui arrive à l'homme n'est jamais naturel puisque sa présence met le monde en question.
Elle s'était inventé une foule d'activités. Elle s'était occupée bénévolement de la bibliothèque d'un préventorium.
Inutile de prétendre intégrer la mort à la vie et se conduire de manière rationnelle en face d'une chose qui ne l'est pas: que chacun se débrouille à sa guise dans la confusion de ses sentiments.
Pourquoi accorder tant d'importance à un instant, puisqu'il n'y aura pas de mémoire.