Auteur

Simone de Beauvoir

Si l'oeuvre de Dieu est tout entière bonne, c'est qu'elle est tout entière utile au salut de l'homme ; elle n'est donc pas en soi une fin, mais un moyen qui tire sa justification de l'usage que nous en faisons.
Ca ne rapproche pas, le téléphone, ça confirme les distances. On n'est pas deux comme dans une conversation puisqu'on ne se voit pas.
Autour de moi on réprouvait le mensonge, mais on fuyait soigneusement la vérité ; si aujourd'hui j'avais tant de difficulté à parler, c'est que je répugnais à utiliser la fausse monnaie en cours dans mon entourage.
Le temps s'étalait autour d'elle en une mare stagnante et douceâtre. Vivre, c'était vieillir, rien de plus.
Il tenait à moi comme une vieille habitude, mais je ne lui apportais plus aucune joie.
Comme vous marchez vite ! J'adore ça : on dirait qu'on va quelque part !
Quand ils prétendaient m'expliquer, les autres gens m'annexaient à leur monde, ils m'irritaient. Sartre au contraire essayait de me situer dans mon propre système, il me comprenait à la lumière de mes valeurs, de mes projets.
Il faut trahir l'enfant pour l'homme ou l'homme pour l'enfant.
Une habitude c'est presque une compagnie dans la mesure où une compagnie n'est bien souvent qu'une habitude.
Je me promis lorsque je serai grande de ne pas oublier qu'on est à 5 ans un individu complet c'est ce que niaient les adultes lorsqu'ils me marquaient de la condescendance et ils m'offensaient.
C'est tellement extraordinaire d'être soi, justement soi, c'est tellement unique que ça semble naturel d'être unique aussi pour quelqu'un d'autre. Il m'aimait, c'est tout. Et pour toujours puisque ce serait toujours moi.
Atroce contradiction de la colère qui née de l'amour et qui tue l'amour.
Quelqu'un a dit que les questions ne sont jamais indiscrètes, mais seulement les réponses ; vous n'êtes pas forcé de me répondre.
Les pensées vont et viennent à leur guise dans notre tête, on ne fait pas exprès de croire ce qu'on croit.
J'étais faite pour une autre planète je me suis trompée de destination.
A dix-neuf ans, malgré mes ignorances et mon incompétence, j'avais sincèrement voulu écrire je me sentais en exil et mon unique recours contre la solitude, c'était de me manifester.
La femme n'est victime d'aucune mystérieuse fatalité : il ne faut pas conclure que ses ovaires la condamnent à vivre éternellement à genoux
La femme n'est victime d'aucune mystérieuse fatalité ; les singularités qui la spécifient tirent leur importance de la signification qu'elles revêtent ; elles pourront être surmontées dès qu'on les saisira dans des perspectives nouvelles ; ainsi on a vu qu'à travers son expérience érotique, la femme éprouve - et souvent déteste - la domination du mâle : il n'en faut pas conclure que ses ovaires la condamnent à vivre éternellement à genoux.
Un jour, Camus nous avait dit : « Le bonheur, ça existe, ça compte ; pourquoi le refuser ? En l'acceptant, on n'aggrave pas le malheur des autres ; et même, ça aide à lutter pour eux. Oui, avait-il conclu, je trouve regrettable cette honte qu'on éprouve aujourd'hui à se sentir heureux. »
J'ai cru trop vite à une proche victoire des femmes
« On ne naît pas femme : on le devient. » C'était l'une des idées centrales du « Deuxième Sexe ». Trente ans après, maintenez-vous cette formule ?
On fabrique la féminité comme on fabrique d'ailleurs la masculinité, la virilité. Il y a eu beaucoup d'études très intéressantes de psychanalystes, de psychologues, ou autres, pour démontrer ce fait.
On fabrique la féminité comme on fabrique d'ailleurs la masculinité, la virilité.
Économiquement hommes et femmes constituent presque deux castes; toutes choses égales, les premiers ont des situations plus avantageuses, des salaires plus élevés, plus de chances de réussite que leurs concurrentes de fraîche date; ils occupent dans l'industrie, la politique, etc., un beaucoup plus grand nombre de places et ce sont eux qui détiennent les postes les plus importants. Outre les pouvoirs concrets qu'ils possèdent, ils sont revêtus d'un prestige dont toute l'éducation de l'enfant maintient la tradition : le présent enveloppe le passé, et dans le passé toute l'histoire a été faite par les mâles.
Économiquement hommes et femmes constituent presque deux castes; toutes choses égales, les premiers ont des situations plus avantageuses, des salaires plus élevés, plus de chances de réussite que leurs concurrentes de fraîche date; ils occupent dans l'industrie, la politique, etc., un beaucoup plus grand nombre de places et ce sont eux qui détiennent les postes les plus importants.

Œuvres de Simone de Beauvoir

A propos de la mort de François Mauriac.Cité par Olivier Todd dans Un fils rebelle (1981).Correspondance croisée avec Jacques-Laurent Bost (2004)Entretien donné en janvier 1978 par la féministe, auteure du « Deuxième Sexe », à Pierre Viansson-Ponté, pour Le MondeIn La force des choses de Simone de BeauvoirL'Amérique au jour le jourL'Amérique au jour le jour (1948)L'InvitéeL'Invitée (1943)La Femme rompue (1968)La Force de l'âge (1960)Le Deuxième Sexe (1949)Le Sang des autresLes Belles Images (1966)Les Mandarins (1954)Les Temps modernes, numéros 109 à 115 (1955), Jean-Paul Sartre.Les bouches inutilesLes bouches inutiles (1945)Lettres à Nelson Algren (1997)Mémoires d'une jeune fille rangée (1958)