Auteur

Sidonie Gabrielle Colette

Ce lieu déborde de vie, surtout à la pointe du jour et au coucher des oiseaux.
Il ne faudra pas attendre que j'enregistre, dans la courbe de mes relations, de mes échanges avec l'animal, les premiers fléchissements.
Pourquoi suspendre la course de ma main sur ce papier qui recueille ... ce que je sais de moi, ce que j'essaie d'en cacher, ce que j'en invente et ce que j'en devine?
L'homme qui venait greffer gardait toujours sur lui son couteau à greffe, qui comportait une douce et courte petite lame d'ivoire en forme d'amande.
Et ma soupe de mes oignons gratinée, c'est de la crotte de bique, alors?
Et ta mère? lui demanda Julie. - - - Remariée, ma mère, rien que pour me vexer. A soixante et onze ans! - - - Ca, alors... dit Coco Vatard. C'est débecquetant.
Segonzac ne décore sa «salle» vaste comme une grange, que de trophées rustiques, faux et râteaux croisés, fourches à deux dents en bois poli, couronnes d'épis, et fouets à manches rouges dont les mèches tressées parafent gracieusement le mur.
Maintenant que je me défais peu à peu et que dans le miroir peu à peu je lui ressemble, je doute que, revenant, elle me reconnaisse pour sa fille.
Pendant une bouffée de silence, épaisse comme une brume, je viens d'entendre choir sur la table voisine les pétales d'une rose qui n'attendait, elle aussi, que d'être seule pour défleurir.
J'aimerais, parents, que vous n'écrasiez pas sous des railleries défleurissantes un rêve qui a sa pudeur, et son romantisme.
Je pèche souvent par orgueil, comme il arrive aux gens de petite origine qui se dégoûtent du milieu où ils sont nés.
Un seul arbre, un peuplier à jeunes feuilles vernissées, recueillait la clarté lunaire et dégouttait d'autant de lueurs qu'une cascade.
Quand je rêve - je rêve peu - je me délecte assez souvent de ce dont ma veille sagement se prive.
Ce qui sent comme ça c'est un fût plein, que le printemps moisi dénature et qui de vin tourne en vinaigre,
C'est à qui réalisera le mélange le plus baroque, les liquides les plus dénaturés.
Mais ne plus posséder d'argent, ce n'est qu'une des étapes du dénûment.
Ainsi ma concierge m'apprit qu'on dératisait Paris. Si c'est une bonne chose, ce n'est pas un joli mot.
Son regard rencontre rarement le mien, que je dérobe.
Sur une route sonore s'accorde, puis se désaccorde pour s'accorder encore, le trot de deux chevaux attelés en paire.
O ma pauvre belle, ne te fais donc pas plus déssalée que tu n'es! Avec moi, ça ne prend pas.
Sans soins et sans repos nocturne, que disait mon visage?
Un bruit de cristaux brutalisés lui parvint, puis la voix d'Edmée, claire, durcie pour la réprimande.
Entre l'éclosion des oeufs et l'essor des oisillons, la tâche d'un couple de mésanges confond l'observateur.
Dans ce milieu charmant, j'apporte en écot ma tête frisée ...
Une responsabilité écrasante pèse sur vous tous, - celle de protéger, de prolonger, d'embellir ma scintillante, ma précieuse petite vie d'elfe.

Œuvres de Sidonie Gabrielle Colette

Au concert (1903)Aventures quotidiennesBelles SaisonsBelles Saisons, Discours de réceptionBelles Saisons, NoëlCes plaisirsChambre d'hôtelChambre d'hôtel (1940)Chéri (1920)Claudine en ménageClaudine s'en va (1903)Claudine à l'écoleDe ma fenêtreDialogues de bêtes (1904)Discours de réceptionDiscours de réception à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique (1935)Duo (1934)En pays connuFlore et PomoneGigi (1944)