Œuvre

La Chatte (1933)

Tout un bouquet de douces odeurs sombres et tenaces, qui demeuraient longtemps attachées aux paumes.
Elle faisait la brave, et le toisait, une main sur la hanche, la tête d'aplomb sur son beau cou.
Mais elle ne pouvait pas comprendre que l'humeur sensuelle de l'homme est une saison brève, dont le retour incertain n'est jamais un recommencement.
La brise longue et égale courait à travers les arbres avec un murmure de rivière.
Un seul arbre, un peuplier à jeunes feuilles vernissées, recueillait la clarté lunaire et dégouttait d'autant de lueurs qu'une cascade.
Ils additionnèrent des kilomètres, décrièrent leur voiture, s'injurièrent cordialement et se sentirent ravivés, presque réhabilités, par une camaraderie oubliée.
Viens, mon petit puma, viens... Ma chatte des cimes, ma chatte des lilas, Saha, Saha...