Auteur

Serge Joncour

L'Histoire c'est ce grand album de famille où chacun cherche à se reconnaître.
Tout est plus facile à dire dans une cuisine, tout y est nuancé par cette intention du partage, un appétit fait de la sève même des choses.
Les morts se taisent, les vivants ne veulent pas entendre et les survivants ne peuvent pas parler.
Pour avoir les dents du bonheur, on se passait des lames de couteau entre les dents, convaincus qu'en les écartant un peu, on passerait nous aussi pour des heureux.
Comme le dit l'animateur de cet atelier d'écriture où on apprend à broder des textes pour faire parler les mots, le passé est à chacun ce que le brouillard est à l'accident; responsable de rien mais cause de tout cependant.
Ne pas pouvoir s'aimer, c'est peut-être plus fort que s'aimer vraiment.
Le malheur c'est comme un visage sur le visage, quand la vie vous a marquée d'une épreuve, le risque c'est de ne plus exister qu'à travers ça.
Pas de cri, pas de souffle, pas d'éternité, on s'aime et on s'en tient là, l'amour sans y toucher, l'amour chacun le garde pour soi, comme on garde à soi sa douleur.
C'est profondément à soi une douleur. L'amour comme une douleur, une douleur qui ne doit pas faire mal.
Dans l'amour il y a bien plus que la personne qu'on aime, il y a cette part de soi même qu'elle nous renvoie, cette haute idée que l'autre se fait de nous et qui nous porte.
Le respect scrupuleux de l'horaire, ça offre la sensation très concrète d'être ancré dans son schéma, de toujours y avoir sa place.
L'enfance, c'est ce territoire juste là, intact mais parfaitement inatteignable, à moins de fermer un peu les yeux, de s'assoupir dans le parfait coton d'un parfum retrouvé.
La bière va bien avec l'idée de voyager. Dans tout pays il y avait toujours une bière à découvrir, la bière locale, c'est une constante universelle, pour l'intime satisfaction de la déguster en fin de journée, une fois le boulot terminé.
Seul le moment compte, le reste est passé ou compromis, l'avenir une totale incertitude.
Dans un soupir, il y a bien plus à entendre que dans une phrase.
Après les années passées à s'aimer, il y a celles où l'on arrive pas à se quitter.
Se présenter en tant qu'écrivain, c'est prendre le risque d'être perçu comme un réceptacle, soudain chacun se valorise de l'universelle conviction d'avoir quelque chose à raconter.
C'est encombrant d'en apprendre sur les autres, c'est prendre le risque de s'en rapprocher.
Aimer c'est rayonner de l'éclat intime d'une lumière qu'on s'invente à deux et qui est là même s'il n'y a que soi.
Dans l'amour il y a bien plus que la personne qu'on aime, il y a cette part de soi-même qu'elle nous renvoie, cette haute idée que l'autre se fait de nous et qui nous porte.
Le passé est à chacun ce que le brouillard est à l'accident responsable de rien mais cause de tout cependant.
Lire, c'est voir le monde par mille regards, c'est toucher l'autre dans son essentiel secret, c'est la réponse providentielle à ce grand défaut que l'on a tous de n'être que soi.
Par chance un roman n'a pas à dire la vérité, il peut bien plus que cela.
Je ne sais pas, dans le fond c'est la seule vraie chose qu'on devrait se promettre dans la vie, de ne jamais se faire de mal.
Faire attention, ça devient vite comme un réflexe, un mode de vie.

Œuvres de Serge Joncour

Bonnes vacances (2004)Combien de fois je t'aime (2008)L' Amour sans le faire (2012)L'Amour sans le faire (2012)L'Ecrivain national (2014)L'homme qui ne savait pas dire non (2009)Que la paix soit avec vous (2006)Repose-toi sur moi (2016)Tweet de Serge Joncour, le 04/04/2020Vu (1998)