Lire, c'est voir le monde par mille regards, c'est toucher l'autre dans son essentiel secret, c'est la réponse providentielle à ce grand défaut que l'on a tous de n'être que soi.

À lire aussi de Serge Joncour

Pas de cri, pas de souffle, pas d'éternité, on s'aime et on s'en tient là, l'amour sans y toucher, l'amour chacun le garde pour soi, comme on garde à soi sa douleur.
Pour avoir les dents du bonheur, on se passait des lames de couteau entre les dents, convaincus qu'en les écartant un peu, on passerait nous aussi pour des heureux.
Douter de l'efficacité d'un masque face à un virus à visée respiratoire, c'est discuter de l'utilité d'un parachute dans l'exercice de la chute libre.
Quand d'un coup on s'embrasse, c'est que vraiment on n'en peut plus de cette distance, même collés l'un à l'autre on a la sensation d'être encore trop loin, pas assez en osmose, de là vient l'envie de se fondre, de ne plus laisser d'espace.
Etre fort, c'est ne pas prendre la mesure du danger, le sous-évaluer, consciemment, tandis qu'être faible, c'est le surestimer.
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Se présenter en tant qu'écrivain, c'est prendre le risque d'être perçu comme un réceptacle, soudain chacun se valorise de l'universelle conviction d'avoir quelque chose à raconter.
Par chance un roman n'a pas à dire la vérité, il peut bien plus que cela.