Œuvre

L'Amour sans le faire (2012)

Ne pas pouvoir s'aimer, c'est peut-être plus fort que s'aimer vraiment.
Le malheur c'est comme un visage sur le visage, quand la vie vous a marquée d'une épreuve, le risque c'est de ne plus exister qu'à travers ça.
Pas de cri, pas de souffle, pas d'éternité, on s'aime et on s'en tient là, l'amour sans y toucher, l'amour chacun le garde pour soi, comme on garde à soi sa douleur.
C'est profondément à soi une douleur. L'amour comme une douleur, une douleur qui ne doit pas faire mal.
Dans l'amour il y a bien plus que la personne qu'on aime, il y a cette part de soi même qu'elle nous renvoie, cette haute idée que l'autre se fait de nous et qui nous porte.
Le respect scrupuleux de l'horaire, ça offre la sensation très concrète d'être ancré dans son schéma, de toujours y avoir sa place.
L'enfance, c'est ce territoire juste là, intact mais parfaitement inatteignable, à moins de fermer un peu les yeux, de s'assoupir dans le parfait coton d'un parfum retrouvé.
La bière va bien avec l'idée de voyager. Dans tout pays il y avait toujours une bière à découvrir, la bière locale, c'est une constante universelle, pour l'intime satisfaction de la déguster en fin de journée, une fois le boulot terminé.
Seul le moment compte, le reste est passé ou compromis, l'avenir une totale incertitude.
Dans un soupir, il y a bien plus à entendre que dans une phrase.
Après les années passées à s'aimer, il y a celles où l'on arrive pas à se quitter.
Dans l'amour il y a bien plus que la personne qu'on aime, il y a cette part de soi-même qu'elle nous renvoie, cette haute idée que l'autre se fait de nous et qui nous porte.
Je ne sais pas, dans le fond c'est la seule vraie chose qu'on devrait se promettre dans la vie, de ne jamais se faire de mal.
Dans toute enfance, il y a l'allié fondateur, l'alter ego avec lequel au-delà de la complicité s'élabore quelque-chose de soi-même.
S'ils faisaient l'amour il savait qu'ils ne pourraient plus jamais se revoir, en revanche, pour se voir pour toujours, il leur suffirait de ne jamais s'aimer.
Le malheur c'est comme un visage sur le visage, quand la vie vous a marquée d'une épreuve, le risque c'est de ne plus exister qu'à travers ça, d'être à jamais perçue comme la veuve, piégée à vie dans la teinte.