Se présenter en tant qu'écrivain, c'est prendre le risque d'être perçu comme un réceptacle, soudain chacun se valorise de l'universelle conviction d'avoir quelque chose à raconter.
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Après les années passées à s'aimer, il y a celles où l'on arrive pas à se quitter.
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Lire, c'est voir le monde par mille regards, c'est toucher l'autre dans son essentiel secret, c'est la réponse providentielle à ce grand défaut que l'on a tous de n'être que soi.
Seul le moment compte, le reste est passé ou compromis, l'avenir une totale incertitude.
On révèle beaucoup de soi dans la façon qu'on a de saisir les objets, chez lui on avait chaque fois la sensation d'un geste assuré, la certitude que la prise était ferme.
Dans l'amour il y a bien plus que la personne qu'on aime, il y a cette part de soi même qu'elle nous renvoie, cette haute idée que l'autre se fait de nous et qui nous porte.
Dans la même œuvre
Ne pas pouvoir s'aimer, c'est peut-être plus fort que s'aimer vraiment.
Le malheur c'est comme un visage sur le visage, quand la vie vous a marquée d'une épreuve, le risque c'est de ne plus exister qu'à travers ça.
Pas de cri, pas de souffle, pas d'éternité, on s'aime et on s'en tient là, l'amour sans y toucher, l'amour chacun le garde pour soi, comme on garde à soi sa douleur.
C'est profondément à soi une douleur. L'amour comme une douleur, une douleur qui ne doit pas faire mal.
Dans l'amour il y a bien plus que la personne qu'on aime, il y a cette part de soi même qu'elle nous renvoie, cette haute idée que l'autre se fait de nous et qui nous porte.