Œuvre

Repose-toi sur moi (2016)

Ils sont rares ceux qui donnent vraiment, ceux qui écoutent vraiment.
Etre fort, c'est ne pas prendre la mesure du danger, le sous-évaluer, consciemment, tandis qu'être faible, c'est le surestimer.
Une famille c'est comme un jardin, si on n'y fout pas les pieds ça se met à pousser à tire-larigot, ça meurt d'abandon.
En ville la solitude a un écho démesuré. Il aurait cru que ce serait le contraire, qu'en ville, vivre seul serait un genre de bienfait, une bénédiction, la compensation de toutes ces heures occupées à évoluer au milieu du monde, à être sans cesse entouré.
On révèle beaucoup de soi dans la façon qu'on a de saisir les objets, chez lui on avait chaque fois la sensation d'un geste assuré, la certitude que la prise était ferme.
C'est pourtant vrai, il ne suffit pas d'être génial pour réussir, il faut surtout anticiper, dans la vie, c'est toujours ceux qui ont un coup d'avance qui réussissent, pas les surdoués.
Quand d'un coup on s'embrasse, c'est que vraiment on n'en peut plus de cette distance, même collés l'un à l'autre on a la sensation d'être encore trop loin, pas assez en osmose, de là vient l'envie de se fondre, de ne plus laisser d'espace.
En ville, le fleuve, c'est le seul élément de nature qui s'impose, qu'on ne dévie pas, qui décide de tout. En ville, le fleuve, tout part de lui et tout y retourne, comme une rivière à la campagne, c'est l'origine même des lieux de vie.
Quand on paraît plus fort il faut en plus se résoudre à l'être.
Plus tu dis aux gens que tu les aimes et plus ils feront mine de t'aimer.
A Paris, on visite plus facilement l'autre bout du monde que l'escalier d'en face.