Plus tard peut-être, trop tard pour moi, ils vous enlèveront d'un simple coup de bistouri les tumeurs de l'amour, et ses affres. Une série de piqûres vous permettre de ne plus même vous rappeler le terrible visage de l'être aimé.
Elle n'aime pas qu'on l'aime, finalement. Je la pense un peu égoïste: elle n'aime qu'aimer.
J'ai trouvé le secret du bonheur. J'ai appris que le bonheur c'est de savoir que le bonheur n'existe pas.
Bien sûr qu'il ne faut pas aimer, mais j'étais déjà au courant. Il ne faut pas, non plus, mourir du cancer, mais cela peut arriver. Je t'aime.
J'ai déjà vu des fidèles, à l'église, gober quelque hostie de série. Je n'ai pas vu leur visage s'illuminer pour autant. Ils regagnaient leur place en trottinant, comme si rien en eux ne s'était produit du miracle tant vanté.
Du plus haut des cieux, gloire aux femmes qui s'ennuient, gloire aux femmes qui souffrent, le vent de l'aventure les décoiffe et leur donne la chaire de femme !
J'aime votre bouche, qui est toujours déshabillée.
J'ai toujours professé que, mariage ou concubinage, la cohabitation condamne l'amour à mort, l'assassine lâchement au compte-gouttes. Seule une tendresse de forte constitution peut y survivre, mais pas l'éclaboussement, le paroxysme.
L'amour perd son nom dès qu'il perd sa fête physique, l'amour s'en va quand arrive l'étreinte hebdomadaire du samedi soir après l'turbin. Il a raison de fuir, il est de démence et non pas d'habitude, il est soleil, pas chauffage central.
Un petit coup de bonheur suffit pour considérer le monde au travers de lunettes de soleil.
La vraie solitude, c'est de ne pas aimer.
La vie est courte, et c'est en amour qu'elle passe le plus vite.
Si on lui reproche de ne considérer les dames que sous la forme de «femme-objet», il proteste qu'il n'est, lui, et de la même façon, qu'un «homme-objet».
L'amour, c'est les grandes vacances, des grandes vacances sans date de rentrée. Elles ne finissent qu'à la pluie. S'il ne pleut pas, on reste. Qu'en pensez-vous ?
Un mari, ce n'est pas tout à fait un homme. Il le sait. Il est marié.
Ces amants occasionnels et sporadiques se découvrent mieux en quarante huit heures que bien des couples leur vie durant. Ils n'ont pas, eux, toute leur vie ni derrière ni devant, n'ont que l'instant, ne peuvent s'offrir le loisir de le perdre.
Tous les écriteaux «défense de chasser» sont des cibles de rêve pour les rafales de chevrotines anonymes.
«Si on réfléchit, on ne s'envolera jamais.», a dit Anatole France. Il ne réfléchit plus, il s'envole: si on vivait ensemble.
Je retournais contre moi comme un couteau cette phrase d'Anatole France: «Si on réfléchit, on ne s'envolera jamais.» Pourquoi m'étais-je mis à réfléchir alors qu'elle était prête enfin à s'envoler ?
Ca ne court pas les rues, les femmes qu'on aime. Si, en prime, on les laisse passer, c'est du suicide.
Ils sont époux et ne sont plus amants. Chez certains êtres, il paraît même que cet état de chrysalide dure toute la vie.
Les maris ne sont jamais aussi généreux que lorsque leurs femmes leur échappent ou leur reviennent. L'amant devient monnaie d'échange.
L'heure. Elle est rare, dans leurs vies, toujours comptée, mesurée.
Quand l'amour n'est plus là, la mort se rapproche à pas de mort.
L'amour n'a jamais été pour lui qu'une pathétique expérience de survie.
Œuvres de René Fallet
Banlieue sud-est (1947)Brassens (1967)Carnets de jeunesse (1990-1994)Chroniques de la vie quotidienne (2006)Interviewé par Michel Audiard dans Lire en janvier 1982.L'Amour baroque (1971)L'Angevine (1982)La soupe aux chouxLe Beaujolais nouveau est arrivé (1975)Le triporteur (1951)Les Vieux de la vieille (1958)Mozart assassiné (1963)Paris au mois d'août (1964)Pigalle (1949)Une poignée de main (1959)Y a-t-il un docteur dans la salle ? (1977)Y a-t-il un docteur dans la salle? (1977)