Œuvre

Le triporteur (1951)

Le melon sous sa cloche, la mouche sous son verre, Mme Peyralout sous sa caisse vitrée, Mme Peyralout posa Le Petit écho de la mode sur ses genoux et brama: Antoine!
Un obus ou apparenté avait traversé la caisse de part en part.
La place de l'Eglise fut en un clin d'oeil la copie extravagante du Salon du Cycle. Débris à pneus pleins, vélos de course, biclous à la papa.
Pourtant, au croisement de la route de l'Opéra, quelques gosses jouaient à la balle. Ils reconnurent Antoine et lui lancèrent la boule avec déférence.
Un porteur d'hebdomadaires singeait à la fois le caquètement de la poule pondeuse et le cocorico du coq victorieux.
Mammouth engloutit le contenu en deux gigantesques gorgées d'une demi-pinte chacune et sombra dans le néant d'une nuit comateuse.
Imbibée de courriers du coeur, elle s'identifiait avec la fille-mère abandonnée, la pucelle dévorée de points noirs.
Le père Mouche plaqua une ultime série d'accords qui évoquaient le défenestration d'une lessiveuse.
Combien doit-on, ici? demanda Antoine. - L'ardoise commune ou les drapeaux particuliers?
Il n'avait pu toucher une fois la balle sans «l'échapper», la reprendre en cafouillant dans ses mains autrefois si sûres.
L'air bonne femme du lieu se trouvait confirmé par la présence aux murs de gravures représentant des chatons dans un panier, des biches au bois et des retours de fenaisons.
Alors, forcément si on me vole un lapin toutes les nuits, forcément que j'en aurai bientôt plus.
Dans son arrière-boutique, la fleuriste cultivait des arrière-pensées.