Œuvre
Y a-t-il un docteur dans la salle? (1977)
J'étais en train, par ânerie, de lui ramener Marthe sur un plateau.
Il avait établi son propre diagnostic: rhumatismes ... Il avala toute une pharmacie d'anti-inflammatoires.
De deux baffles surélevés s'éparpilla, s'ébroua dans la pièce tout un essaim de mandolines de Vivaldi.
Dire que dans cinq jours, je vais devoir soigner tous les tarés du 13e, vacciner des bébés horribles, tripoter des trucs flasques, berk!
Notre amour, tu le salis, Marthe, tu le dégueulasses!
C'était une irresponsable, une extravagante sans sensibilité. Il était fatigué de l'aimer.
Il souffrait trop de ses caprices, de ses mensonges, de ses imbécillités. C'était une irresponsable, une extravagante sans sensibilité.
J'avais un ami éditeur qui publiait des mandarins de la phlébologie, de la dermatologie ou de la stomatologie. Je lui présentait mon toubib balbutiant, ma généraliste débutante.
«A bas le quotidien!» avais-je lu sur un mur de Paris, et j'avais en moi-même félicité ce beau poète anonyme.
Il repensa au mot, de Clemenceau encore: Le meilleur moment de l'amour, c'est quand on monte l'escalier. Le progrès et les ascenseurs supprimeraient jusqu'à ce moment-là.