Auteur

Percy Bysshe Shelley

La poésie est le souvenir des meilleurs et des plus heureux moments, des meilleurs et des plus heureux souvenirs.
La poésie immortalise tout ce qu'il y a de meilleur et de plus beau dans le monde.
Les âmes se rencontrent sur les lèvres des amants.
Notre rire le plus sincère - De souffrance est toujours chargé; - Nos chants les plus exquis - Sont les plus désolés.
Le pouvoir, telle une ravageuse pestilence, - Pollue tout ce qu'il touche.
Pour l'amour et la beauté et le bonheur - Il n'y a ni mort ni changement.
Un poète est un rossignol qui, assis dans l'obscurité, chante pour égayer de doux sons sa propre solitude.
Les mots vitaux et les actes des esprits d'autrefois - Que ni temps, ni changement ne peuvent dompter, - Les sombres et séculaires traditions, sources de mauvaises croyances, - Dont l'ombre obscure alimente un fleuve de poison.
Le ver sous la motte de gazon peut se lever pour rendre hommage à Dieu.
... et toi, Air - Qui, tel un voile de deuil, as jeté ton écharpe - Sur la terre abandonnée, laisse-la toute nue - Aux joyeuses étoiles qui sourient de son désespoir!
Les houles sombres et agitées de l'âge mûr - Et l'océan uni de la jeunesse au perfide sourire.
Et un tourbillon du nord, errant ça et là - Comme un loup qui aurait flairé un enfant mort, - Secoua les rameaux ainsi chargés, et lourds, et raides, - Et les brisa net de sa griffe rigide.
Et les narcisses, les plus belles d'entre les fleurs, - Qui regardent leurs yeux dans le recès du ruisseau - Jusqu'à mourir de leur chère beauté.
Je crible la neige qui tombe sur les montagnes - Et leurs grands pins gémissent de terreur; - Et toute la nuit c'est mon blanc oreiller, - Pendant que je dors dans les bras de la rafale.
Et la rose, telle une nymphe allant se baigner, - Qui dévoile le secret de son sein éclatant - Si bien que, pli après pli, à l'air pâmé - L'âme de sa beauté et de son amour est mise à nu.
Ce moment s'en est allé à jamais, - Tel l'éclair qui a brillé et puis est mort, - Tel un flocon de neige sur la rivière, - Tel sur la vague un rais de soleil - Que cachent les noires ombres.
La mort est le voile que les vivants appellent la vie...
Quel prodige que la Mort ! ... la Mort et son frère le Sommeil ! L'une pâle comme la lune qui là-bas s'évanouit, avec les lèvres d'un bleu livide ; l'autre, rosé comme le matin, quand, trônant sur la vague de l'Océan, il empourpre le monde.
Il y a dans la marée des choses humaines un reflux qui porte les espérances naufragées des hommes dans un port assuré quand la tempête est passée. Il me semble que ceux qui vivent aujourd'hui survivent à un âge de désespoir.
Plus haut, toujours plus haut, - De notre terre tu t'élances, - Comme une vapeur enflammée ; - Ton aile bat l'abîme bleu, - Et tu montes, chantant, et montant toujours chantes.
Le ver sous la motte de gazon peut se lever pour rendre hommage au Dieu.

Œuvres de Percy Bysshe Shelley

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