Auteur

Pablo Neruda

J'ai construit ma maison comme un jouet et j'y joue du matin au soir.
L'enfant qui ne joue pas n'est pas un enfant, mais l'homme qui ne joue pas a perdu à jamais l'enfant qui vivait en lui et qui lui manquera beaucoup.
La terre s'est imposé l'homme pour châtiment.
La vérité, c'est qu'il n'y a pas de vérité.
Le déracinement pour l'être humain est une frustration qui, d'une manière ou d'une autre, atrophie la clarté de son âme.
Le printemps est inexorable.
Nous demandons une patrie pour celui qui a été humilié.
Je croyais que la route passait par l'homme, et que de là devait déboucher le destin.
Il fut si beau de vivre - quand tu vivais!
(Mes parents) étaient plongés dans une de ces conversations à voix basse qui séparent plus qu'un fleuve le monde des enfants et celui des adultes.
Pourtant la poésie existait sur la terre avant l'écriture et avant l'imprimerie.
Et vous allez me demander: mais pourquoi votre poésie - Ne vous parle-t-elle pas du rêve, des feuilles - Où des grands volcans de votre pays natal? - Venez voir le sang dans les rues - Venez voir - Le sang dans les rues, - Venez voir le sang - Dans les rues!
Il meurt lentement, celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n'écoute pas de musique, celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.
Le style n'est pas seulement l'homme. Il est aussi ce qui l'entoure, et si l'ambiance n'entre pas dans le poème, le poème est mort: mort pour n'avoir pu respirer.
La solitude ne se réduisait pas à un thème d'invocation littéraire, elle était une chose dure comme le mur du prisonnier, contre lequel on peut s'ouvrir la tête sans que personne accoure, même si on crie, même si on pleure.
Nul ne peut imaginer la tendresse d'une mangouste.
L'écrivain jeune ne peut écrire sans ce frisson de solitude, même imaginaire, de même que l'écrivain mûr ne fera rien sans la saveur de la compagnie humaine, de la société.
Je n'étais pas venu en Orient pour vivre avec des colonisateurs de passage mais avec les héritiers de ce monde ancien, avec cette grande et infortunée famille humaine.
L'Orient m'impressionna en tant que grande famille humaine infortunée.
Tout l'ésotérisme philosophique des pays orientaux, confronté à la vie réelle, se révélait être un sous-produit de l'inquiétude, de la névrose, de l'égarement et de l'opportunisme occidentaux, autrement dit de la crise des principes du capitalisme.
O chair, ma chair, femme que j'ai aimée et perdue, - c'est toi dans cette heure humide que j'évoque et fais chant. - Comme un vase tu abritas l'infinie tendresse, - et l'oubli infini te réduisit en miettes comme un vase.
Je t'aime parce que je t'aime et voilà tout et de t'aimer j'en arrive à ne pas t'aimer et de t'attendre alors que je ne t'attends plus mon coeur peut en passer du froid à la brûlure.
Je ne t'aime que parce que c'est toi que j'aime, et je te hais sans fin, te hais et te supplie, et la mesure de mon amour voyageur est de ne pas te voir, de t'aimer en aveugle.
J'ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche, sans manger je vais par les rues, et je me tais, sans le soutien du pain, et dès l'aube hors de moi je cherche dans le jour le bruit d'eau de tes pas.
Je suis affamé de ton rire de cascade, et de tes mains couleur de grenier furieux, oui, j'ai faim de la pâle pierre de tes ongles, je veux manger ta peau comme une amande intacte.

Œuvres de Pablo Neruda

Canto General, IV, XXXIX, Castro Alves del BrasilCanto General, IV, XXXVI, à Emiliano Zapata con musica de Tata NachoCanto General, XVI, II, Los nacimientosDans Neruda de Jean Marcenac.J'avoue que j'ai vécu (1975)La Centaine d'amour (1995)La Rose détachée et autres poèmesLa chanson désespéréeLa solitude lumineuseLa solitude lumineuse (2004)Résidence sur la Terre (1935)Sonnet LXVISonnet XVII