Œuvre
La solitude lumineuse
Le style n'est pas seulement l'homme. Il est aussi ce qui l'entoure, et si l'ambiance n'entre pas dans le poème, le poème est mort: mort pour n'avoir pu respirer.
La solitude ne se réduisait pas à un thème d'invocation littéraire, elle était une chose dure comme le mur du prisonnier, contre lequel on peut s'ouvrir la tête sans que personne accoure, même si on crie, même si on pleure.
Nul ne peut imaginer la tendresse d'une mangouste.
L'écrivain jeune ne peut écrire sans ce frisson de solitude, même imaginaire, de même que l'écrivain mûr ne fera rien sans la saveur de la compagnie humaine, de la société.
Je n'étais pas venu en Orient pour vivre avec des colonisateurs de passage mais avec les héritiers de ce monde ancien, avec cette grande et infortunée famille humaine.
L'Orient m'impressionna en tant que grande famille humaine infortunée.
Tout l'ésotérisme philosophique des pays orientaux, confronté à la vie réelle, se révélait être un sous-produit de l'inquiétude, de la névrose, de l'égarement et de l'opportunisme occidentaux, autrement dit de la crise des principes du capitalisme.