Auteur

Pablo Neruda

Mon amour a deux existences pour t'aimer. Pour cela je t'aime quand je ne t'aime pas et c'est pour cela que je t'aime quand je t'aime.
Un homme qui possède femme et foyer est déjà un peu monarchiste.
Ah ! si seulement avec une goutte de poésie ou d'amour nous pouvions apaiser la haine du monde !
De la même façon qu'il en coûterait beaucoup aux gens raisonnables d'être poète, il en coûte beaucoup peut-être aux poètes d'être raisonnables. Cependant la raison gagne la partie et c'est la raison, base de la justice, qui doit gouverner le monde.
Je ne t'aime pas comme rose de sel, ni topaze - Ni comme flèche d'oeillets propageant le feu : - Je t'aime comme l'on aime certaines choses obscures, - De façon secrète, entre l'ombre et l'âme.
Je t'aime comme la plante qui ne fleurit pas - Et porte en soi, cachée, la lumière de ces fleurs, - Et grâce à ton amour dans mon corps vit l'arôme - Obscur et concentré montant de la terre.
Je t'aime sans savoir comment, ni quand, ni d'où, - Je t'aime directement sans problèmes ni orgueil : - Je t'aime ainsi car je ne sais aimer autrement.
Je t'aime parce que je t'aime et voilà tout et de t'aimer j'en arrive à ne pas t'aimer et de t'attendre alors je ne t'attends plus mon coeur peut en passer du froid à la brûlure.
En cette histoire je n'arrive qu'à mourir et si je meurs d'amour, c'est parce que je t'aime, parce que d'amour, je t'aime, et à feu et à sang.
Il n'y a rien de plus beau que de perdre le temps.
Et il en émane une odeur non de pièce morte, non de sacristie et de toiles d'araignée, mais d'espace végétal, de rafales qui retombent soudain en ouragan de plumes, de feuilles, de pollen de la forêt sans fin...
Partout les statues de Bouddha, de Lord Bouddha... Les statues sévères, verticales, vermoulues, avec une dorure qui leur communique un éclat animal et un écaillement extérieur qui donne à croire que l'air les détériore.
En moi rien ne s'éteint ni s'oublie, mon amour se nourrit de ton amour, ma belle, et durant ta vie il sera entre tes bras sans s'échapper des miens.

Œuvres de Pablo Neruda

Canto General, IV, XXXIX, Castro Alves del BrasilCanto General, IV, XXXVI, à Emiliano Zapata con musica de Tata NachoCanto General, XVI, II, Los nacimientosDans Neruda de Jean Marcenac.J'avoue que j'ai vécu (1975)La Centaine d'amour (1995)La Rose détachée et autres poèmesLa chanson désespéréeLa solitude lumineuseLa solitude lumineuse (2004)Résidence sur la Terre (1935)Sonnet LXVISonnet XVII