La nuit n'est peut-être que la paupière du jour.
Le créateur, s'il a formé les êtres, - Pourquoi les a-t-il détruits ensuite? - S'ils étaient laids, à qui la faute? - S'ils étaient beaux, pourquoi les briser?
Entre la foi et l'incrédulité, un souffle, - Entre la certitude et le doute, un souffle. - Sois joyeux dans ce souffle présent où tu vis, - Car la vie elle-même est dans le souffle qui passe.
Un coquelicot fané ne refleurit jamais.
La vie passe, rapide caravane! - Arrête la monture et cherche à être heureux.
Un souffle éloigne seul l'incrédulité de la foi. - Il n'est, entre le doute et la certitude, qu'un souffle. - De ce souffle si court, faisons le plus joyeux emploi. - De la vie à la mort, on glisse en l'espace d'un souffle.
La course de nos jours arrive bien vite au relais. - La mort les suit en croupe. Aussi, tant que j'aurai la vie, - Deux de mes jours comptés ne me tourmenteront jamais: - Hier, cet oublié, Demain, dont je n'ai nulle envie.
Avant notre venue, rien de manquait au monde; après notre départ, rien ne lui manquera.
Un livre de vers sous la ramée, - Un pichet de vin, une miche de pain... et toi - A mes côtés chantant dans la solitude... - Et la solitude est à présent le paradis!
Bois du vin, car tu dormiras longtemps sous la terre.
Depuis que le soleil et la lune brillent au firmament, on n'a rien connu de meilleur que le vin.
Veux-tu que ta vie repose sur une voie solide? - Veux-tu vivre affranchi de tout chagrin ? - Ne demeure pas un instant sans boire du vin.
Combien longue est l'infinie poursuite du Ceci et du Cela qui engendre l'effort et la dispute. Mieux vaut être joyeux par la grappe que triste par un fruit plus amer.
Le véritable bonheur, c'est une rose, deux pains de froment, trois amis, quatre chansons et cinq flacons de vin.
Tous les hommes voudraient cheminer sur la route de la Connaissance. Cette route, les uns la cherchent, d'autres affirment qu'ils l'ont trouvée. Mais, un jour, une voix criera: « Il n'y a ni route, ni sentier. »
Ceux qui ont embrassé science et littérature - Ont récité leur fable et se sont endormis.
Ceux qui par la science vont au plus haut du monde - \r\nQui par l'intelligence, scrutent le fond des cieux - Ceux-là, pareils aussi à la coupe du ciel - La tête renversée, vivent dans leur vertige.
Cette roue sur la quelle nous tournons est pareille à une lanterne magique. Le soleil est la lampe; le monde, l'écran; Nous sommes les images qui passent.
Ne laisse pas la tristesse t'étreindre avant que la terre te prenne dans son sein.
L'arbre de la tristesse, ne le plante pas dans ton coeur. Relis chaque matin le livre de la joie.
Pour vivre il faut du vin aux charmantes couleurs.
La lune a déchiré la robe de la nuit. - Bois du vin maintenant; cela seul réjouit. - Profite du bonheur; bientôt le clair de lune - Sur notre tombe à nous rayonnera sans bruit.
Toi qui de quatre et de sept sans doute résultes - Pour ce quatre et ce sept laisse tout ton tracas. - Bois du vin! Mille fois déjà je le répète: - Car une fois parti, tu ne reviendras pas.
Toi qui de quatre et sept sans doute résultas, - Pour ce quatre et ce sept laisse tout ton tracas. - Bois du vin! Mille fois déjà je le répète: - Car une fois parti, tu ne reviendras pas.
La vaste coupe à qui, ce soir, je ferai signe - Me versera deux fois de sa richesse insigne. - Divorçant de raison et de religion, - Pour épouse j'aurai la fille de la vigne.
Œuvres de Omar Khayyam
La Rose de l'AmourQuatrainQuatrainsQuatrains RubayatRoubaiyatRuba'iyatRuba'iyyatRuba'iyyat, 128Ruba'iyyat, 130Ruba'iyyat, 23Ruba'iyyat, 71Rubayat (1958)RubaïyatRubaïyat (1958), 113Rubaïyat (1958), 42Rubaïyat, 111Rubaïyat, 16Rubaïyat, 20Rubaïyat, 77Vivre au présent ?