La lune a déchiré la robe de la nuit. – Bois du vin maintenant; cela seul réjouit. – Profite d Khayyam Omar

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La lune a déchiré la robe de la nuit.
Bois du vin maintenant; cela seul réjouit.
Profite du bonheur; bientôt le clair de lune
Sur notre tombe à nous rayonnera sans bruit.
Rubaïyat, 111
Citations de Omar Khayyam
Omar Khayyam

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  1. dicocitations

    Les morts cachés sont bien dans cette terre
    Qui les réchauffe et sèche leur mystère.
    Midi là-haut, Midi sans mouvement
    En soi se pense et convient à soi-même …
    Tête complète et parfait diadème,
    Je suis en toi le secret changement.

    Tu n'as que moi pour contenir tes craintes !
    Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes
    Sont le défaut de ton grand diamant …
    Mais dans leur nuit toute lourde de marbres,
    Un peuple vague aux racines des arbres
    A pris déjà ton parti lentement.

    Ils ont fondu dans une absence épaisse,
    L'argile rouge a bu la blanche espèce,
    Le don de vivre a passé dans les fleurs !
    Où sont des morts les phrases familières,
    L'art personnel, les âmes singulières ?
    La larve file où se formaient les pleurs.

    Les cris aigus des filles chatouillées,
    Les yeux, les dents, les paupières mouillées,
    Le sein charmant qui joue avec le feu,
    Le sang qui brille aux lèvres qui se rendent,
    Les derniers dons, les doigts qui les défendent,
    Tout va sous terre et rentre dans le jeu !

    Et vous, grande âme, espérez-vous un songe
    Qui n'aura plus ces couleurs de mensonge
    Qu'aux yeux de chair l'onde et l'or font ici ?
    Chanterez-vous quand serez vaporeuse ?
    Allez! Tout fuit! Ma présence est poreuse,
    La sainte impatience meurt aussi !

    Maigre immortalité noire et dorée,
    Consolatrice affreusement laurée,
    Qui de la mort fais un sein maternel,
    Le beau mensonge et la pieuse ruse !
    Qui ne connaît, et qui ne les refuse,
    Ce crâne vide et ce rire éternel !

    Pères profonds, têtes inhabitées,
    Qui sous le poids de tant de pelletées,
    Êtes la terre et confondez nos pas,
    Le vrai rongeur, le ver irréfutable
    N'est point pour vous qui dormez sous la table,
    Il vit de vie, il ne me quitte pas !

    Amour, peut-être, ou de moi-même haine ?
    Sa dent secrète est de moi si prochaine
    Que tous les noms lui peuvent convenir !
    Qu'importe! Il voit, il veut, il songe, il touche !
    Ma chair lui plaît, et jusque sur ma couche,
    À ce vivant je vis d'appartenir !

    Zénon! Cruel Zénon ! Zénon d'Êlée!
    M'as-tu percé de cette flèche ailée
    Qui vibre, vole, et qui ne vole pas !
    Le son m'enfante et la flèche me tue !
    Ah ! le soleil . . . Quelle ombre de tortue
    Pour l'âme, Achille immobile à grands pas !

    Non, non ! …. Debout ! Dans l'ère successive
    Brisez, mon corps, cette forme pensive !
    Buvez, mon sein, la naissance du vent !
    Une fraîcheur, de la mer exhalée,
    Me rend mon âme . . . O puissance salée !
    Courons à l'onde en rejaillir vivant !

    Oui! grande mer de délires douée,
    Peau de panthère et chlamyde trouée
    De mille et mille idoles du soleil,
    Hydre absolue, ivre de ta chair bleue,
    Qui te remords l'étincelante queue
    Dans un tumulte au silence pareil,

    Le vent se lève! . . . il faut tenter de vivre !
    L'air immense ouvre et referme mon livre,
    La vague en poudre ose jaillir des rocs !
    Envolez-vous, pages tout éblouies !
    Rompez, vagues! Rompez d'eaux réjouies
    Ce toit tranquille où picoraient des focs !

    Paul VALÉRY, Charmes

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