Auteur

Olivier de Kersauson

Une femme dans la vie d'un homme c'est comme des fleurs dans une maison, c'est agréable mais ça fane.
Il m'a toujours semblé indécent de ne pas aller voir partout dans le monde. Il me fallait partir sur tous les océans, découvrir tous les ports... Pour moi, c'est vital: puisqu'on est dans le monde, il faut le courir.
Ce sont les voiliers qui ont découvert le monde, et ils charrient dans leur sillage bien des légendes.
J'ai choisi ce métier pour aller chercher des notes de musique en mer, pour aller danser un soir d'escale à Fortaleza. Je fais confiance au voyage pour qu'il me conduise dans le tourbillon émotionnel du monde.
Il ne faut jamais perdre de vue que le voyageur est un corps étranger. Ne rien solliciter, ne rien demander. Etre silencieux et paisible.
J'ai toujours été aux Antilles un voyageur marchant sur la pointe des pieds. D'une manière générale, le voyageur doit être souple d'esprit et avare de paroles.
Toujours se souvenir que le voyageur est venu pour voir. Que la seule richesse qui ne s'achète qu'avec du courage, c'est la lenteur.
L'Angleterre, c'est le mélange des grandes familles et des petites gens à la Dickens.
J'ai toujours aimé cette grande liberté de ton chez les Anglais. Ils ne se poussent pas du col et font ce qu'ils disent. Ne sont pas agités comme nous pouvons l'être. Ils ne doutent jamais de leur légitimité.
L'Angleterre, c'est le goût du concret et des vérités dites.
Nous, Français, avons colonisé comme on a évangélisé: pour construire un lien. Eux, ils ont colonisé dans un but de captation qu'ils n'ont jamais caché. Nous, si.
Tourner autour du monde reste pour moi un inépuisable magasin d'aventures. Une seule chose a compté pour moi: le plaisir d'être en mer...
Je crois qu'on appartient aux endroits qu'on aime.
Je ne me lasse pas des peintures chères à mon coeur: les Antilles, la Polynésie et la mer d'Iroise. Pourtant, je n'ai jamais revendiqué une appartenance quelconque.
La miséricorde est un principe général de conduite à l'usage de ceux qui ne veulent pas abdiquer devant la lâcheté, le doute et la bêtise. La miséricorde permet à l'homme flétri de reverdir. Ma miséricorde est un engrais dont je fais grand usage.
Aller au risque, c'est toujours emprunter la voie la plus dure mais elle emmène quelque part. Les voies faciles n'emmènent nulle part. Je le pense et je l'applique.
Ce que je sais de la mer, ça tient sur une feuille de papier d'un seul coté, mais je le sais. Et nous sommes trois ou quatre au monde à le savoir.
La terre, c'est un accident de l'océan.
Il ne faut pas se méprendre : la terre commence là où la mer s'arrête - et pas l'inverse. La mer n'est pas la fin de la terre, comme tout le monde le pense.
Quand je suis sur la mer, je suis chez moi. Plutôt, je suis chez elle...
Le monde, pour moi, n'a d'intérêt que maritime. C'est mon monde, un décor magnifique, varié, pas monotone pour peu que vous en ayez la lecture - aussi lisible que les empreintes dans un bois pour un garde-chasse.
L'excellence de la navigation, c'est la vitesse. C'est parce que la route est prise rapidement qu'elle est remarquable. L'extraordinaire, c'est de fabriquer des machines qui vont traduire cette excellence.
S'il n'y a pas un peu de poudre de perlimpinpin, rien ne peut se faire. Aller sur la mer, c'est aller se promener aux limites de ses capacités et de son savoir. Risquer. Oui, risquer sa vie. Pour s'en sortir, il faut un peu de cette poudre.
N'étant pas gestionnaire du cerveau d'autrui, je ne vois pas pourquoi je serai préoccupé de ce qu'il pense.
Les politiques sont, dans leur grande majorité, des voleurs d'espoir de pauvres. Ils font croire, aux plus déshérités, la possibilité de choses qui ne sont pas - et tout cela pour ramasser de quoi rouler dans des bagnoles avec chauffeur.

Œuvres de Olivier de Kersauson

Homme libre... toujours tu chériras la mer! (1994)Le monde comme il me parle (2013)Ocean's Songs (2008)Promenades en bord de mer et étonnements heureux (2016)