Œuvre

Le monde comme il me parle (2013)

Aller au risque, c'est toujours emprunter la voie la plus dure mais elle emmène quelque part. Les voies faciles n'emmènent nulle part. Je le pense et je l'applique.
Ce que je sais de la mer, ça tient sur une feuille de papier d'un seul coté, mais je le sais. Et nous sommes trois ou quatre au monde à le savoir.
La terre, c'est un accident de l'océan.
Il ne faut pas se méprendre : la terre commence là où la mer s'arrête - et pas l'inverse. La mer n'est pas la fin de la terre, comme tout le monde le pense.
Quand je suis sur la mer, je suis chez moi. Plutôt, je suis chez elle...
Le monde, pour moi, n'a d'intérêt que maritime. C'est mon monde, un décor magnifique, varié, pas monotone pour peu que vous en ayez la lecture - aussi lisible que les empreintes dans un bois pour un garde-chasse.
L'excellence de la navigation, c'est la vitesse. C'est parce que la route est prise rapidement qu'elle est remarquable. L'extraordinaire, c'est de fabriquer des machines qui vont traduire cette excellence.
S'il n'y a pas un peu de poudre de perlimpinpin, rien ne peut se faire. Aller sur la mer, c'est aller se promener aux limites de ses capacités et de son savoir. Risquer. Oui, risquer sa vie. Pour s'en sortir, il faut un peu de cette poudre.
N'étant pas gestionnaire du cerveau d'autrui, je ne vois pas pourquoi je serai préoccupé de ce qu'il pense.
Les politiques sont, dans leur grande majorité, des voleurs d'espoir de pauvres. Ils font croire, aux plus déshérités, la possibilité de choses qui ne sont pas - et tout cela pour ramasser de quoi rouler dans des bagnoles avec chauffeur.
La politique c'est le monde de l'imposture. Leur savoir-faire est dans le faire-savoir. Ils sont dans leur grande majorité des voleurs d'espoirs de pauvres. Le problème, aujourd'hui, c'est qu'il y a plus de mauvais hommes politiques que de bons.
Dans mon métier de marin, la postérité n'est pas pensable. Seul Tabarly a laissé des choses car c'était un génie.