Œuvre

Ocean's Songs (2008)

Il m'a toujours semblé indécent de ne pas aller voir partout dans le monde. Il me fallait partir sur tous les océans, découvrir tous les ports... Pour moi, c'est vital: puisqu'on est dans le monde, il faut le courir.
J'ai choisi ce métier pour aller chercher des notes de musique en mer, pour aller danser un soir d'escale à Fortaleza. Je fais confiance au voyage pour qu'il me conduise dans le tourbillon émotionnel du monde.
Il ne faut jamais perdre de vue que le voyageur est un corps étranger. Ne rien solliciter, ne rien demander. Etre silencieux et paisible.
J'ai toujours été aux Antilles un voyageur marchant sur la pointe des pieds. D'une manière générale, le voyageur doit être souple d'esprit et avare de paroles.
Toujours se souvenir que le voyageur est venu pour voir. Que la seule richesse qui ne s'achète qu'avec du courage, c'est la lenteur.
L'Angleterre, c'est le mélange des grandes familles et des petites gens à la Dickens.
J'ai toujours aimé cette grande liberté de ton chez les Anglais. Ils ne se poussent pas du col et font ce qu'ils disent. Ne sont pas agités comme nous pouvons l'être. Ils ne doutent jamais de leur légitimité.
L'Angleterre, c'est le goût du concret et des vérités dites.
Nous, Français, avons colonisé comme on a évangélisé: pour construire un lien. Eux, ils ont colonisé dans un but de captation qu'ils n'ont jamais caché. Nous, si.
Tourner autour du monde reste pour moi un inépuisable magasin d'aventures. Une seule chose a compté pour moi: le plaisir d'être en mer...
Je crois qu'on appartient aux endroits qu'on aime.
Je ne me lasse pas des peintures chères à mon coeur: les Antilles, la Polynésie et la mer d'Iroise. Pourtant, je n'ai jamais revendiqué une appartenance quelconque.
La miséricorde est un principe général de conduite à l'usage de ceux qui ne veulent pas abdiquer devant la lâcheté, le doute et la bêtise. La miséricorde permet à l'homme flétri de reverdir. Ma miséricorde est un engrais dont je fais grand usage.
Ma pensée ne se repose qu'en mer. Je ne fuis pas mes semblables. D'abord pour être honnête, ils ne m'intéressent qu'assez peu pour que je les boude vraiment.
Ma pensée ne se repose qu'en mer.