Auteur

Lambert Wilson

Comme Central Park à New York, le Luxembourg est le poumon de la ville. Il s'en dégage une vrai poésie les jours de pluie, quand la végétation prend un tour tropical.
La vraie maladie des acteurs, c'est que leurs prestations médiatiques occultent leurs prestations d'acteurs.
En vérité, je ne me suis toujours pas écroulé. Du moins, pas comme j'aurais aimé le faire, en sanglotant comme un enfant qui comprend que ses parents sont partis. Je me sens comme une huître très fermée. Comme si l'énormité de cette émotion était impossible à faire sortir. Presque trop dangereuse. Il est évident que j'ai un travail à faire là-dessus.
Ce n'est pas rien d'être le fils d'un personnage comme Georges Wilson. Et ce n'était pas rien non plus d'être le fils de ma mère… J'ai plusieurs fois ressenti le besoin de parler. Mais là, c'est fondamental, j'ai beaucoup de choses à lâcher. Je serre les dents depuis longtemps.
J'ai plusieurs fois ressenti le besoin de parler. Mais là, c'est fondamental, j'ai beaucoup de choses à lâcher. Je serre les dents depuis longtemps.
Mes parents ont longtemps considéré la fratrie comme une entité : on était « les garçons ». Sauf qu'il y en avait un qui avait un an et demi de moins, et qui était plus fragile physiquement. Il a fallu que je lutte bec et ongles pour prendre une place. Et pour me faire aimer.
Mon père était fou amoureux de mon frère. Il était son prince, et moi le vilain petit canard. Il y avait une disparité absolue dans la façon dont il nous traitait.
J'ai décidé d'être acteur vers 15 ans, en assistant à la projection des Trois Mousquetaires de Richard Lester, avec mon père. C'était une grande première très spectaculaire, avec des photographes, des vedettes, une rangée de mousquetaires sur les Champs-Élysées… C'était l'émerveillement le plus total. Mais tellement superficiel ! Pourtant, la graine s'est plantée à ce moment-là. Et je me souviens, le lendemain, m'être dit : « Mon talent n'est pas énorme, mais j'y arriverai, par acharnement. » Je suis un tenace.
Je voulais être immense. Et beau ! Réussir à être pris pour quelqu'un de beau était pour moi un réel accomplissement. Il faut dire que je partais de loin : j'avais des dents de lapin, un cheveu sur la langue, j'étais gros, pas sportif… Je me suis donc convaincu que j'allais me transformer : j'ai maigri, sculpté mon corps, je passais des heures à m'occuper de mon style, de mes cheveux, de ma peau… Et je négligeais l'essentiel : me concentrer sur mon jeu.
De manière générale, je cherche l'harmonie. J'ai un immense souci du bien-être des autres, sans doute du fait de cette situation familiale. Je suis ce qu'on appelle en anglais un care taker.
Il est évident qu'il y a un homme de foi en moi. Je pense que les rôles qu'on réussit le mieux sont une partie de soi. J'ai toujours été mystique, je me suis toujours senti en lien avec plus grand que moi, avec quelque chose qui me dépasse : la nature, l'univers ou le divin, je ne sais pas.
Il est évident qu'il y a un homme de foi en moi.
L'avantage de la cinquantaine, c'est que l'on commence à bien connaître son « groupe ».
J'ai souvent l'impression que les gens ne m'aiment pas. Ma confiance en moi est dévastée. Et cela, j'en suis sûr, vient en grande partie de mon passé le plus ancien.
Pour un acteur, faire un film historique, c'est vivre son rêve de changer d'époque.
Pour un acteur, faire un film historique, c'est vivre son rêve de changer d'époque, de voyager dans le temps. Ça nous remet en contact avec l'idée initiale d'enfant qui est de se déguiser, tout simplement.
J'ai une immense admiration pour Pierre Bergé. Un personnage d'une autre époque et d'une intelligence brillantissime.
Un spectacle de lecture s'accompagne bien de musique. On a besoin de reposer l'oreille, la voix. Il ne faut pas que la musique soit illustrative, mais qu'elle soit un complément qui raconte ce dont on parle.
Avec tous ses défauts, je trouvais cet homme extraordinaire. Orgueilleux – il aime être au centre de tout-, possessif, brutal, autoritaire, soupe au lait, il était génial. Vous savez, j'ai une grosse expérience de ces gens-là, mon père était pire que lui, mais Pierre Bergé était un personnage romanesque.
L'outil indispensable de l'acteur, c'est l'expérience de la vie.
Je suis un acteur donc je chante. J'ai toujours considéré cette activité pas si éloignée. Mais tout de même un peu, car chanter nécessite énormément de préparation. On inclut la musique et tous les acteurs ne sont pas musiciens.
Mon rêve c'était d'être un acteur américain.
Au départ, j'ai voulu faire de la mise en scène simplement pour jouer des rôles qu'on ne me proposait pas au théâtre.
Le faisceau d'énergie qu'un acteur utilise et qui sort de lui, il le dirige vers lui-même car il est lui-même l'outil de son travail.
J'ai toujours considéré qu'une vie ce n'était pas beaucoup. J'ai peut-être voulu être acteur pour démultiplier les vies.

Œuvres de Lambert Wilson

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