Je voulais être immense. Et beau ! Réussir à être pris pour quelqu'un de beau était pour moi un réel accomplissement. Il faut dire que je partais de loin : j'avais des dents de lapin, un cheveu sur la langue, j'étais gros, pas sportif… Je me suis donc convaincu que j'allais me transformer : j'ai maigri, sculpté mon corps, je passais des heures à m'occuper de mon style, de mes cheveux, de ma peau… Et je négligeais l'essentiel : me concentrer sur mon jeu.

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L'avantage de la cinquantaine, c'est que l'on commence à bien connaître son « groupe ».
Un spectacle de lecture s'accompagne bien de musique. On a besoin de reposer l'oreille, la voix. Il ne faut pas que la musique soit illustrative, mais qu'elle soit un complément qui raconte ce dont on parle.
Avec tous ses défauts, je trouvais cet homme extraordinaire. Orgueilleux – il aime être au centre de tout-, possessif, brutal, autoritaire, soupe au lait, il était génial. Vous savez, j'ai une grosse expérience de ces gens-là, mon père était pire que lui, mais Pierre Bergé était un personnage romanesque.
J'ai toujours considéré qu'une vie ce n'était pas beaucoup. J'ai peut-être voulu être acteur pour démultiplier les vies.
Le faisceau d'énergie qu'un acteur utilise et qui sort de lui, il le dirige vers lui-même car il est lui-même l'outil de son travail.
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En vérité, je ne me suis toujours pas écroulé. Du moins, pas comme j'aurais aimé le faire, en sanglotant comme un enfant qui comprend que ses parents sont partis. Je me sens comme une huître très fermée. Comme si l'énormité de cette émotion était impossible à faire sortir. Presque trop dangereuse. Il est évident que j'ai un travail à faire là-dessus.
Ce n'est pas rien d'être le fils d'un personnage comme Georges Wilson. Et ce n'était pas rien non plus d'être le fils de ma mère… J'ai plusieurs fois ressenti le besoin de parler. Mais là, c'est fondamental, j'ai beaucoup de choses à lâcher. Je serre les dents depuis longtemps.
J'ai plusieurs fois ressenti le besoin de parler. Mais là, c'est fondamental, j'ai beaucoup de choses à lâcher. Je serre les dents depuis longtemps.
Mes parents ont longtemps considéré la fratrie comme une entité : on était « les garçons ». Sauf qu'il y en avait un qui avait un an et demi de moins, et qui était plus fragile physiquement. Il a fallu que je lutte bec et ongles pour prendre une place. Et pour me faire aimer.
Mon père était fou amoureux de mon frère. Il était son prince, et moi le vilain petit canard. Il y avait une disparité absolue dans la façon dont il nous traitait.