A partir d'un certain âge, seuls les ouvriers perchés très haut sur les échafaudages te sifflent encore.
Avec le mensonge on peut aller très loin, mais on ne peut jamais en revenir.
L'amour n'est pas fait pour l'épreuve. Il est fait pour la légèreté, la douceur de vivre, une forme d'exclusivité, une affectivité totale.
La vieillesse est la pire des épreuves sociales. On dérode les hommes comme les arbres.
La plupart des gens préfèrent le confort à la prise de risque, dit-il enfin, parce qu'ils ont peur du changement et de l'échec, alors que la plus grande des peurs devrait être celle d'une vie gâchée.
La première manifestation du pouvoir, c'est le désintérêt pour tout ce qui n'en relève pas.
Tu sais ce que dit le proverbe ? On voit mieux certaines choses avec des yeux qui ont pleuré.
La nostalgie, ce sentiment qui prédestine aux plus grandes déceptions.
Dans les moments décisifs de sa vie, l'homme est toujours seul, et particulièrement quand il vieillit.
Arabe n'est pas un gros mot... Je n'ai aucun problème à dire que je suis noir. Je n'aime pas l'édulcoration du langage... Souvenez-vous des paroles de Camus : Mal nommer les choses, c'est ajouter du malheur au monde.
La vie, c'est ça, un apprentissage de la perte.
La mobilité sociale n'était qu'un hochet que la société agitait pour créer une énergie, détourner l'attention.
A partir d'un certain âge, autour de la quarantaine en général, le rayonnement est fonction de la puissance sociale. L'échec rend moins attirant ; seuls les irradiés de la réussite ont le droit d'être aimés.
Il n'était pas plus absurde de traiter un objet comme un être humain que de voir un être humain devenir un objet.
La fiction peut être un moyen d'appréhender le réel, à défaut de pouvoir l'expliquer.
Quelle place la littérature prétend-elle prendre dans ce chaos où l'intime se mêle au politique, où tout semble mouvant et incertain, où le réel revendique sa part de piège et de risque ?
Chaque tragédie révèle notre rapport au réel.
Il sortit de sa poche un pilulier, l'ouvrit et prit un anxiolytique qu'il fit fondre sous sa langue. En quelques minutes, l'angoisse se dissipa : désormais, le bonheur ne s'obtenait plus que sur ordonnance.
C'était ça, le véritable amour : être présent à l'heure du déclin quand on avait tout connu et tout aimé d'un être.
Les êtres malheureux se reconnaissent entre eux.
Tu sais ce qui arrive à ceux qui pensent qu'on peut survivre en respectant des lois morales ? Tôt ou tard, ils finissent piétinés.
Se hâtant vers la salle Victor-Hugo, elle songea à cette phrase de l'écrivain dans L'Homme qui rit : « La vie n'est qu'une longue perte de tout ce qu'on aime. »
Vous savez ce qu'on dit ? La Légion d'honneur est le dernier Viagra des hommes de pouvoir !
Ce qui fait la dureté d'un milieu, ce sont les manoeuvres de ceux qui le dirigent. Vous voyez par exemple, ce matin, en acceptant cet entretien, j'aurais dû me méfier et écouter les conseils de Beckett. Vous savez ce qu'il a écrit dans Molloy ? C'est le matin qu'il faut se cacher. Les gens se réveillent, frais et dispos, assoiffés d'ordre, de beauté et de justice, exigeant la contrepartie. Oui, c'est le passage dangereux.
La maladie est la zone d'ombre de la vie, un territoire auquel il coûte cher d'appartenir. En naissant, nous acquérons une double nationalité qui relève du royaume des bien portants comme de celui des malades. Et bien que nous préférions tous présenter le bon passeport, le jour vient où chacun de nous est contraint, ne serait-ce qu'un court moment, de se reconnaître citoyen de l'autre contrée.
Œuvres de Karine Tuil