La zone grise, c'est une zone inventée par les hommes pour se justifier, dire : les choses n'étaient pas claires, j'ai pensé qu'elle voulait, je me suis trompé, et passer à autre chose sans avoir à se sentir coupable ni rendre des comptes pour le mal qu'ils ont fait. Moi j'étais claire ; je ne voulais pas. S'il ne s'était rien passé, pourquoi est-ce que j'aurais été porter plainte ?
Elle avait découvert la distorsion entre les discours engagés, humanistes et les réalités de l'existence, l'impossible application des plus nobles idées quand les intérêts personnels mis en jeu annihilaient toute clairvoyance et engageaient tout ce qui constituait votre vie.
On ne peut pas débattre avec quelqu'un comme vous. Vous êtes dans l'invective, vous êtes dans le jugement définitif. D'une certaine façon, vous êtes le produit de notre époque.
Simplement, ces jeunes en provenance de pays musulmans ont été élevés dans une ambiance patriarcale très forte, au sein de sociétés régies par l'ordre religieux, ces hommes ont souvent une méconnaissance totale des désirs féminins, il y a même parfois, chez les plus jeunes, une vraie misère sexuelle car il y a, dans certaines familles, beaucoup d'interdits, on assiste alors à une chosification de la femme qui mène aux violences commises sur son corps comme ce qui s'est produit à Cologne.
Le vrai problème, ce n'est pas l'origine ethnique, sociale ou religieuse, c'est la domination, c'est le patriarcat. Pas besoin d'être syrien ou maghrébin pour l'imposer. La violence sexuelle a toujours existé, elle n'a pas été importée par les migrants !
Elle n'était pas le genre de filles à lui rappeler qu'il y avait tant d'autres lieux qui étaient encore réservés aux hommes – les lieux de pouvoir, notamment ; elle appartenait à cette catégorie de femmes qui ne remettaient jamais en cause l'empire viril, celles qui avaient fait le choix de la collaboration masculine et décidé que leur ascension se ferait grâce aux hommes et non pas contre eux.
Ta passion pour ton métier n'est qu'un des nombreux masques de l'ambition. Chez d'autres, moins habiles, moins stratèges, le désir de conquête est plus visible ; chez toi, au premier abord, on ne décèle pas l'ambitieux compétiteur ; seulement le travailleur acharné, mais il y a dans cette forme de dévouement, cet acharnement à bien faire, une même volonté d'atteindre la première place, et d'y rester, quel que soit le prix à payer pour ça.
Dès qu'on a un peu de pouvoir, tu es déférent mais si l'on n'a plus rien à t'offrir, tu deviens méprisant. Tu as bien appliqué la règle qui t'a mené où tu es aujourd'hui : Fort avec les faibles, faible avec les puissants.
Un chagrin d'amour pouvait-il être considéré comme la plus grande épreuve d'une vie ? Tout amour était-il une illusion ? L'amour rendait-il heureux ? Était-il raisonnable d'aimer ? L'amour était-il un jeu de hasard ? Qui aimait-on dans l'amour ? Pouvait-on vivre sans amour ? Y avait-il une vie après l'amour ? Comment se remettre rapidement d'une rupture amoureuse ?
Les locaux de la chaîne étaient un véritable vivier de chair fraîche : journalistes, stagiaires, invitées, éditorialistes, présentatrices, hôtesses d'accueil. Parfois, il se surprenait à rêver de refaire sa vie avec l'une d'entre elles, à lui faire un enfant. Elles étaient si nombreuses à être prêtes à échanger leur jeunesse contre la sécurité. Il les introduirait dans le monde des médias – avec lui, elles auraient dix ans d'avance sur les autres – tandis qu'en s'affichant à leurs côtés il rajeunirait de quelques années en explorant une nouvelle vitalité sexuelle.
Il y avait toujours un moment dans la vie ou l'on piétinait ses idéaux avec une velléité suspecte.
Il n'y a pas une seule vérité. On peut assister à la même scène, voir la même chose et l'interpréter de manière différente.
Œuvres de Karine Tuil