Auteur

Jean Rostand

Il m'arrive de me demander si deux erreurs qui se combattent ne sont pas plus fécondes qu'une vérité qui régnât sans conteste.
Il y a bien quelque puérilité dans le goût de la grandeur.
Les injustes dédains nous poussent à briguer d'indignes estimes.
La nature, dans l'homme, s'épanouit et se désavoue. L'homme, ce singe dénaturé ...
Ne pas croire qu'une chose existe parce qu'il serait trop horrible qu'elle n'existât pas. Il n'y a pas de preuve par l'horrible.
Réfléchir, c'est déranger ses pensées.
La seule chose qu'on ne peut embellir sans qu'elle en périsse, c'est la vérité.
Un bon partisan doit savoir prendre les nécessités de la manoeuvre pour les exigences de la justice.
Un mensonge peut être moins mensonger qu'une vérité bien choisie.
Le vieillissement est d'autant plus actif que l'être est plus jeune. Ce qui vieillit le moins vite, c'est le vieillard.
Si Dieu existait, il n'y aurait pas de méchants, il n'y aurait que des maladroits.
Qu'il s'agisse de politique, de morale, ou de philosophie, je suspecte les jugements de ceux qui ignorent tout de ce qu'ils sont.
Avant de rêver, il faut savoir.
Nous (les êtres humains) sommes une mosaïque originale d'éléments banaux.
Jamais les hommes ne sauront assez la contingence de leur personne, et à combien peu ils doivent de n'être pas ce qu'ils méprisent.
(En parlant des enfants) Tout ce que nous pouvons pour eux, c'est de bien choisir leur mère.
Se flatter d'améliorer l'hérédité humaine en améliorant le milieu social est à peu près aussi naïf que de croire qu'on ferait produire un enfant blanc à des parents nègres pour les avoir peinturés en blanc.
La biologie nous surprend un peu lorsqu'elle nous apprend que, statistiquement, les femmes les plus belles ne sont pas les plus sottes.
Le surhomme? Peut-être fabriquerons-nous un jour ce qui nous comprendra.
Nous acquérons, par l'éducation, des connaissances éphémères et des répugnances tenaces.
L'homme est un miracle sans intérêt.
L'univers, en faisant l'homme, s'est donné à la fois une victime et un juge.
Je ne puis arriver à croire que, mort, on soit moins mort qu'on ne l'est endormi.
Pour nous, il n'y a rien à comprendre, et, hors de nous, il n'y a personne pour comprendre.
L'affreux en mourant, c'est de disparaître sans avoir compris. Le crime de la mort n'est pas qu'elle nous tue, mais qu'en tranchant notre angoisse elle lui confère l'éternité.

Œuvres de Jean Rostand

Carnet d' un biologiste (1959)Carnet d'un biologiste (1959)Carnet d'un biologiste (1959) (Cueille le jour... Non : Cueille la minute.)Ce que je crois (1953)De la vanité, Fasquelle, 1925Esquisse d'une histoire de la biologie (1945)Esquisse d'une histoire de la biologie (1945), ConclusionInquiétudes d'un biologiste (1967)Journal d'un caractère (1931)Julien ou Une conscience (1928)L'HommeL'Homme, VIL'homme (1962)La Loi des riches (1920)La Vie et ses problèmes (1939)Le Mariage (1927)Maternité et biologieNouvelles pensées d'un biologiste (1947)Pages d'un Moraliste (1952)Pensées d'un biologiste (1939)