Il est malaisé d'imaginer à quel point, d'ordinaire, un savant se désintéresse de l'oeuvre d'un autre savant si celui-ci n'est pas un maître qui le protège ou un élève qui l'honore.
Il est plus facile de mourir pour ce qu'on croit que d'y croire un peu moins.
Il n'y a guère de cause dont on souhaiterait le succès si l'on voyait tout ce qui fermente dans le coeur de ses défenseurs.
Il ne faut pas confondre le succès et le mérite.
Inutile d'employer un thermomètre de haute précision pour prendre la température d'un fantôme.
La mort est un processus qui gagne de proche en proche.
La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d'être des hommes.
Laboratoire: Même quand on ne trouve rien, on renifle l'odeur de la vérité qui se cache.
Le biologiste passe, la grenouille reste.
Le bonheur est moins absorbant que la plus petite des souffrances.
Le front des hommes est fait pour se cogner à des murs derrière lesquels il ne se passe rien.
Les hommes qui disent qu'ils dorment comme des enfants n'en ont certainement jamais eus.
On gagne plus à avoir aimé qu'à avoir compris.
On se lasse de tout, sauf de connaître.
On tue un homme, on est un assassin. On tue des millions d'hommes, on est un conquérant. On les tue tous, on est un dieu.
Possible que l'individu trouve son profit et même son aise à se fondre dans la collectivité, mais ce ne serait qu'au détriment de celle-ci. Pour elle, et non pour lui, il doit se défendre contre elle.
Qu'il faut donc aimer quelqu'un pour le préférer à son absence!
Qui ne compte plus sur le bonheur est moins soigneux de sa conscience.
Tous les espoirs sont permis à l'homme, même celui de disparaître.
Un bon mariage est une parabiose réussie.
Aimer une idée, c'est l'aimer un peu plus qu'on ne devrait.
Certitude, servitude.
Dieu, ce dépotoir de nos rêves.
Il est affreux de voir revenir avec des couleurs d'avenir tout ce qu'on détestait dans le passé.
J'ai fini par acquérir durablement le sentiment de l'éphémère.
Œuvres de Jean Rostand
Carnet d' un biologiste (1959)Carnet d'un biologiste (1959)Carnet d'un biologiste (1959) (Cueille le jour... Non : Cueille la minute.)Ce que je crois (1953)De la vanité, Fasquelle, 1925Esquisse d'une histoire de la biologie (1945)Esquisse d'une histoire de la biologie (1945), ConclusionInquiétudes d'un biologiste (1967)Journal d'un caractère (1931)Julien ou Une conscience (1928)L'HommeL'Homme, VIL'homme (1962)La Loi des riches (1920)La Vie et ses problèmes (1939)Le Mariage (1927)Maternité et biologieNouvelles pensées d'un biologiste (1947)Pages d'un Moraliste (1952)Pensées d'un biologiste (1939)