Œuvre

Le Mariage (1927)

Le vainqueur, dans la lutte conjugale, est d'ordinaire celui des deux qui attache le moindre prix à la paix. Souvent aussi c'est le plus mesquin, et n'oublie pas que les défauts mêmes de ta femme la qualifient pour la victoire.
La séparation du conjugal d'avec le sentimental est la première sagesse du mariage: tu ne mêleras jamais tes griefs domestiques et tes ressentiments amoureux.
Un bon mariage serait celui où l'on oublierait, le jour, qu'on est amants, la nuit, qu'on est époux.
Un ménage est bien accordé où les deux époux ressentent en même temps le besoin de la querelle.
Nous n'aimons point qu'on dise du mal de notre femme, ni trop de bien.
Le mariage, comme la captivité, enrage ou domestique.
La difficulté est pareille de vivre avec l'être qu'on aime et d'aimer l'être avec qui l'on vit.
Le mariage est trop décrié pour n'avoir pas beaucoup de bon.
S'il y a péril à se marier par amour, ce n'est pas seulement que l'amour passe, c'est aussi qu'il arrive de durer.