Œuvre

Pensées d'un biologiste (1939)

Le rêve de l'homme, écrit Maeterlinck, ce serait d'être un passant qui ne passerait pas. A vrai dire, l'homme se contenterait déjà d'être un passant qui passerait un peu moins vite.
L'idéal serait évidemment que la société respectât de plus en plus l'individu, qui, de plus en plus, respecterait la société.
De grandes dénivellations dans l'esprit créent le déséquilibre propice au génie.
Telle petite oeuvre imparfaite survivra à telle oeuvre imposante, bâtie en manière de chef-d'oeuvre : ainsi des insectes sans bouche survécurent aux grands sauriens.
Du moment que la pensée n'est pas tout, elle n'est qu'un égarement de ce qui n'est pas elle.
Ce n'est pas certes le monde naissant qui me fait peur, mais quelquefois le visage de ceux qui l'accouchent.