Une méchanceté privée de nuire est plus à plaindre qu'une bonté empêchée de servir.
Je n'entends la parole que de quelques-uns. Tout le reste est pour moi bruit de fond.
Pour ma part, j'ai vu des enfants assotis, inhibés, terrorisés, obsédés, anxieux, accablés, détériorés : je n'ai pas l'impression d'en avoir rencontré beaucoup qui fussent de véritables sots.
Ambition... - Une bulle de savon qui voudrait être un peu plus grosse au moment qu'elle crèvera.
Carpe diem... Non : Carpe minutam.
C'est dans ce qui nous est trop cher que toujours nous sommes frappés. Comme si le seul crime fût d'aimer.
Le rêve de l'homme, écrit Maeterlinck, ce serait d'être un passant qui ne passerait pas. A vrai dire, l'homme se contenterait déjà d'être un passant qui passerait un peu moins vite.
L'idéal serait évidemment que la société respectât de plus en plus l'individu, qui, de plus en plus, respecterait la société.
De grandes dénivellations dans l'esprit créent le déséquilibre propice au génie.
Telle petite oeuvre imparfaite survivra à telle oeuvre imposante, bâtie en manière de chef-d'oeuvre : ainsi des insectes sans bouche survécurent aux grands sauriens.
Du moment que la pensée n'est pas tout, elle n'est qu'un égarement de ce qui n'est pas elle.
Ce n'est pas certes le monde naissant qui me fait peur, mais quelquefois le visage de ceux qui l'accouchent.
Je n'ai besoin de rien, mais rien ne me suffirait.
J'aime les phrases assez resserrées pour qu'une syllabe y puisse exercer son pouvoir.
Le masculin est mêlé de féminité, le féminin est pur.
L'injustice peut avoir intérêt à passer les limites : elle suscite alors des réactions dont l'excès lui donnera beau jeu.
Les trivialités d'un esprit supérieur m'intéressent plus que les raretés d'un esprit médiocre.
La logique n'a pas souvent conduit à découvrir ce qui est quelquefois, elle s'est employée à le démontrer impossible.
On doit bien convenir qu'on est presque toujours enrichi par ce qu'on s'appliquait à éviter.
La vraie misère, il est de ton devoir de la soulager dans la mesure de tes moyens.
Travailler son style, c'est vouloir donner à croire qu'on a mieux pensé qu'on n'a fait.
Je croyais qu'un savant c'était toujours un homme qui cherche une vérité, alors que c'est souvent un homme qui vise une place.
On peut imaginer une humanité composée exclusivement de femmes ; on n'en saurait imaginer une qui ne comptât que des hommes
Œuvres de Jean Rostand
Carnet d' un biologiste (1959)Carnet d'un biologiste (1959)Carnet d'un biologiste (1959) (Cueille le jour... Non : Cueille la minute.)Ce que je crois (1953)De la vanité, Fasquelle, 1925Esquisse d'une histoire de la biologie (1945)Esquisse d'une histoire de la biologie (1945), ConclusionInquiétudes d'un biologiste (1967)Journal d'un caractère (1931)Julien ou Une conscience (1928)L'HommeL'Homme, VIL'homme (1962)La Loi des riches (1920)La Vie et ses problèmes (1939)Le Mariage (1927)Maternité et biologieNouvelles pensées d'un biologiste (1947)Pages d'un Moraliste (1952)Pensées d'un biologiste (1939)