Auteur

Jean-Jacques Rousseau

Parmi le peuple, où les grandes passions ne parlent que par intervalles, les sentiments de la nature se font plus souvent entendre.
Le vrai bonheur ne se décrit pas, il se sent, et se sent d'autant mieux qu'il peut le moins se décrire, parce qu'il ne résulte pas d'un recueil de faits mais qu'il est un état permanent.
La haine ainsi que l'amour rend crédule.
Les sentiments ne se décrivent bien que par leurs effets.
La vertu ne nous coûte que par notre faute, et si nous voulions être toujours sages, rarement aurions-nous besoin d'être vertueux.
Je sentis avant de penser: c'est le sort commun de l'humanité.
Le temps peut lever bien des voiles. Si ma mémoire parvient à la postérité, peut-être un jour elle apprendra ce que j'avais à dire. Alors on saura pourquoi je me tais.
L'exemple! l'exemple! sans cela jamais on ne réussit à rien auprès des enfants.
Quoique timide naturellement, j'ai été hardi quelquefois dans ma jeunesse, jamais dans mon âge avancé. Plus j'ai vu le monde, moins j'ai pu me faire à son ton.
Ces feuilles ne seront proprement qu'un informe journal de mes rêveries. Il y sera beaucoup question de moi parce qu'un solitaire qui réfléchit s'occupe nécessairement beaucoup de lui-même.
C'est la force et la liberté qui font les excellents hommes. La faiblesse et l'esclavage n'ont fait jamais que des méchants.
Si j'étais resté libre, obscur, isolé, comme j'étais fait pour l'être, je n'aurais fait que du bien : car je n'ai dans le coeur le germe d'aucune passion nuisible.
Si j'eusse été invisible et tout-puissant comme Dieu, j'aurais été bienfaisant et bon comme lui.
Qu'il voie que tous les hommes portent à peu près le même masque, mais qu'il sache aussi qu'il y a des visages plus beaux que le masque qui les couvre.
Il y a des visages plus beaux que le masque qui les couvre.
Plus le corps est faible, plus il commande ; plus il est fort, plus il obéit.
Toutes les passions sensuelles logent dans des corps efféminés ; ils s'en irritent d'autant plus qu'ils peuvent moins les satisfaire.
La faiblesse et la domination réunies n'engendrent que folie et misère.
Vivre, ce n'est pas respirer, c'est agir.
Je fais la même entreprise que Montaigne, mais avec un but tout contraire au sien ; car il n'écrivait ses Essais que pour les autres, et je n'écris mes rêveries que pour moi.
Le moment passé n'est plus rien, - L'avenir peut ne jamais être ; - Le présent est l'unique bien - Dont l'homme soit vraiment le maître.
L'astre qui partage les jours, - Et qui nous prête sa lumière, - Vient de terminer sa carrière - Et commencer un nouveau cours. - Avec une vitesse extrême - Nous avons vu cet an passer. - Nous verrons s'écouler de même - Celui qui le va remplacer.
Tout finit, tout est, sans remède, - Aux lois du temps assujetti, - Et par l'instant qui lui succède - Chaque instant est anéanti. - Là plus brillante des journée - Passe pour ne plus revenir. - La plus fertile des années - N'a commencé que pour finir.
Si tel est le destin des hommes, - Qu'un instant peut les voir finir, - Vivons pour l'instant où nous sommes, - Et non pour l'instant à venir.
L'inquiétude et l'effroi sont des maux dont ils m'ont pour jamais délivré : c'est toujours un soulagement. Les maux réels ont sur moi peu de prise ; je prends aisément mon parti sur ceux que j'éprouve, mais non pas sur ceux que je crains.

Œuvres de Jean-Jacques Rousseau

Considérations sur le gouvernement de Pologne (1770-1771)Correspondance, à M Le Prince de Beloselski , Paris, 27 mai 1775.Correspondance, à M. David Hume, 10 juillet 1766Correspondance, à M. MoultonCorrespondance, à M. Moulton (A propos de Voltaire)Correspondance, à M. PictetCorrespondance, à M. de MalesherbesCorrespondance, à M. de Malesherbes, 12 janvier 1762Correspondance, à Mgr l'Archevêque de ParisCorrespondance, à un jeune hommeDernière réponse, à M. Bordes (1752)DialogueDictionnaire de musique (1767)Discours contre les sciencesDiscours sur l'inégalité (1755)Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755)Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), IIDiscours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), NotesDiscours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), Seconde partieDiscours sur l'économie politique (1755)