On n'évoque pas une victoire, sans émouvoir les soldats qui y ont combattu.
Auteur
Jean-Christophe Rufin
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La presse est libre, vous le savez. Elle est libre et responsable. Quand une vérité se dégage, il faut la respecter.
Sa mémoire était immense et ce seul détail le rendait encore plus différent des Globaliens que ses haillons ne pouvaient le laisser supposer.
C'est la grande sagesse du peuple, voyez-vous. Les gens ne se dérangent que pour les élections qui ont un sens.
Désormais, il voyait en Globalia un ennemi, une construction humaine retournée contre les hommes, un édifice fondé sur la liberté mais qui écrasait toute liberté, un monstre politique à détruire.
La liberté c'est la sécurité, la sécurité c'est la surveillance, donc la liberté c'est la surveillance.
Des gens heureux on ne sait pas grand chose. Ils vivent, voilà tout, et le bonheur leur tient lieu d'histoire.
C'était une femme qui, comme lui, semblait avoir bataillé sans répit jusqu'à cet âge de la cinquantaine où le combat cesse d'appeler le combat et met sur le visage une expression de lassitude et de sérénité.
La vérité est que l'homme déchu est souillé d'une proportion variable de péché. Certains sont encore perfectibles mais d'autres sont au-delà du rachat. Ils incarnent le mal, voilà tout.
Ce premier temps de l'amour est ainsi fait que tout ce qui le retarde l'alimente ; tout ce qui le contrarie le réconforte.
Il est plus facile de s'en prendre aux autres que de reconnaître ses propres faiblesses...
La vérité n'est pas pour les hommes. Quand même ils prétendent la découvrir ou la préserver, elle ne leur appartient jamais. Ils peuvent être son esclave. Ils la subissent, la répètent, s'en affligent et finalement s'y résignent.
Nous créons des mondes par le mensonge, nous donnons vie à ce qui n'existe pas.
On ne peut montrer à une femme un bel homme qui pleure sans qu'elle pense : allons, je l'aurais mieux aimé, moi.
Chacun cherche ce qu'il n'a pas.
A Florence, j'appris à faire la différence entre l'art des artisans, qui était d'un grand raffinement, et l'art des artistes, dans lequel se reflétait autre chose : le génie, l'exception, la nouveauté.
L'espoir est omnivore : qu'on lui refuse la nourriture qu'il attend et il se contentera d'une autre, pourvu qu'elle l'aide à survivre.
L'argent est du songe pur. Le contempler, c'est faire défiler devant soi l'interminable procession des choses de ce monde.
Quiconque n'a pas vécu l'épreuve de la disgrâce, du dénuement et de l'accusation ne peut prétendre connaître véritablement la vie.
La diplomatie est un art qui requiert une si constante dignité, tant de majesté dans le maintien, tant de calme, qu'elle est fort peu compatible avec la précipitation, l'effort, bref avec le travail.
Le pas, c'est bien connu, agit sur la pensée comme un vilebrequin : il l'ébranle, la met en route, reçoit en retour son énergie. On avance à l'allure de ses songes et, quand ils sont lancés à plein régime, on court presque.
Sans jamais avoir cherché à diviser pour régner, j'ai toujours pensé que l'union des contraires était le secret de toute entreprise réussie.
Il est des fidélités qui conduisent à la trahison.
L'obsolescence programmée des choses faisait partie de la vie. Il était acquis qu'elle entretenait le bon fonctionnement de l'économie. Acquérir était un droit mais posséder était contraire au nécessaire renouvellement des productions.
Je suis convaincu que la séparation est, au sens propre, un droit de l'homme. Nous prenons le risque de la conquête, nous devons avoir le privilège de la rupture. C'est très démodé, j'en suis conscient.