... le mystère fait l'homme.
... se noyer dans l'ombre incertaine du souvenir.
La photographie n'a de sens que si elle épuise toutes les images possibles.
... cet effort d'attention qu'impose le fait de lier connaissance ...
Les îles ont un silence qu'on entend.
... elle était une enfant renfermée, elle aimait le noir.
... les signes servent aussi à juger qui les trace ... .
Personne n'attache aujourd'hui autant de valeur à l'écriture que les régimes policiers.
Les auteurs, il vaut mieux ne jamais les connaître parce que leur personne réelle ne correspond jamais à l'image qu'on se fait en les lisant.
Lire, c'est aller à la rencontre d'une chose qui va exister.
D'un auteur, seules comptent les oeuvres.
L'histoire est faite de petits gestes anonymes.
Mythes et mystères sont faits de grains impalpables, comme le pollen qui demeure collé aux pattes des papillons; celui seul qui a compris cela peut espérer surprises et illuminations.
Je parle, je parle , mais celui qui m'écoute ne retient que les paroles qu'il attend. Ce qui commande au récit, ce n'est pas la voix, c'est l'oreille.
Les classiques sont des livres qui, quand ils nous parviennent, portent en eux la trace des lectures qui ont précédé la nôtre et traînent derrière eux la trace qu'ils ont laissée dans la ou les cultures qu'ils ont traversées.
Un classique est un livre qui n'a jamais fini de dire ce qu'il a à dire.
Peste et disette ! cria-t-il si on peut appeler crier le fait de parler sans presque émettre aucun son quoique de toutes ses forces.
Bersabée, la ville qui cesse d'être avare, calculatrice, intéressée, seulement quand elle chie.
Il pensait : « Je vais voir les Turcs ! Je vais voir les Turcs ! » Il n'y a rien qui fasse autant plaisir que d'avoir des ennemis d'abord, puis de voir s'ils sont réellement tels qu'on les imaginait.
Non, ne vous souillez pas d'autre sang il y en a déjà eu trop de répandu. Quel bien pourrait faire une seigneurie née d'un crime ?
Les donnés biographiques : je fais partie de ceux qui croient, avec Croce, que d’un auteur importent seulement ses œuvres (quand elles comptent, bien évidement), donc les données autobiographiques je n’en donne pas, ou j’en donne de fausses, ou j’essaierai de les changer à chaque fois. Demandez-moi ce que vous voulez savoir, je vais vous le dire. Mais je ne vous dirai jamais la vérité, de ça vous pouvez en être sûr.
Demandez-moi ce que vous voulez savoir, je vais vous le dire. Mais je ne vous dirai jamais la vérité, de ça vous pouvez en être sûr.
Il n’est pas dit qu’en écrivant, on assure le salut de son âme. On écrit, on écrit, et déjà notre âme est perdue.
Si bien à plaindre est l'amoureux qui soupire après des baisers dont il ne connut jamais la saveur, mille fois plus infortuné celui qui la goûta, cette saveur, juste un instant, et puis en fut à tout jamais privé.
C'est l'heure où les choses perdent leur épaisseur d’ombre qui les a revêtues tout au long de la nuit, et peu à peu retrouvent leurs couleurs; mais avant, il leur fat traverser une sorte de limbe douteux, à peine effleurées par la lumière comme entourées d'un halo: l'heure où l'on est le moins sûr que le monde existe.
Œuvres de Italo Calvino
Aventures, L'aventure d'un employéAventures, L'aventure d'un lecteurAventures, L'aventure d'un photographeAventures, L'aventure d'un poèteCosmicomicsLe Chevalier inexistant (1959)Le Sentier des nids d'araignées (1947)Le Vicomte pourfendu (1952)Les Villes invisibles (1972)Lettre à Germana Pescio Bottino, 9 juillet 1964Pourquoi lire les classiques (1991)Si par une nuit d'hiver un voyageur (1981)