Je ne connais pas d'obstacle qui passe les forces de l'esprit humain, sauf la vérité.
Auteur
Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont
Le roman est un genre faux, parce qu'il décrit les passions pour elles-mêmes; la conclusion morale est absente. Décrire les passions n'est rien; il suffit de naître un peu chacal, un peu vautour, un peu panthère.
L'éléphant se laisse caresser. Le pou, non. Je ne vous conseille pas de tenter cet essai périlleux.
Mais, je ne me plaindrai pas. J'ai reçu la vie comme une blessure, et j'ai défendu au suicide de guérir la cicatrice. Je veux que le Créateur en contemple, à chaque heure de son éternité, la crevasse béante. C'est le châtiment que je lui inflige.
Ceux qui sont dans le dérèglement disent à ceux qui sont dans l'ordre que ce sont eux qui s'éloignent de la nature. Ils croient le suivre. Il faut avoir un point fixe pour juger. Où ne trouverons-nous pas ce point dans la morale?
Lorsqu'une pensée s'offre à nous comme une vérité qui court les rues, que nous prenons la peine de la développer, nous trouvons que c'est une découverte.
On ne peut juger de la beauté de la vie que par celle de la mort.
La conscience juge sévèrement nos pensées et nos actes les plus secrets, et ne se trompe pas.
Le coeur de l'homme est un livre que j'ai appris à estimer.
Quel est le plus profond, le plus impénétrable des deux: l'océan ou le coeur humain?
Un scarabée, roulant, sur le sol, avec ses mandibules et ses antennes une boule dont les principaux éléments étaient composés de matières excrémentielles.
On plaint le jeune homme qui s'est suicidé, on l'admire, mais on ne l'imite pas. Et, cependant, lui, a trouvé très naturel de se donner la mort, ne jugeant rien sur la terre capable de le contenter, et aspirant plus haut.
Il commençait à me sembler que l'univers, avec sa voûte étoilée de globes impassibles et agaçants, n'était peut-être pas ce que j'avais rêvé de plus grandiose.
Vieil océan, aux vagues de cristal, tu ressembles proportionnellement à ces marques azurées que l'on voit sur le dos meurtri des mousses; tu es un immense bleu, appliqué sur le corps de la terre.
Je suis fils de l'homme et de la femme, d'après ce qu'on m'a dit. Ca m'étonne... Je croyais être d'avantage.
Je te salue vieil Océan.
Mettez une plume d'oie dans la main d'un moraliste qui soit écrivain de premier ordre. Il sera supérieur aux poètes.
Il y en a qui écrivent pour rechercher les applaudissements humains, au moyen de nobles qualités du coeur que l'imagination invente ou qu'ils peuvent avoir. Moi, je fais servir mon génie à peindre les délices de la cruauté !
Dans la nouvelle science, chaque chose vient à son tour, telle est son excellence.
Ta grandeur morale, image de l'infini, est immense comme la réflexion du philosophe, comme l'amour de la femme, comme la beauté divine de l'oiseau, comme les méditations du poète.
J'établirai dans quelques lignes comment Maldoror fut bon pendant ses premières années, où il vécut heureux c'est fait.
Je suis fils de l'homme et de la femme, d'après ce qu'on m'a dit. Ca m'étonne... je croyais être davantage.
Œuvres de Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont
Les Chants de Maldoror (1869), III, 4Les chants de Maldoror (1869)Les chants de Maldoror (1869), IILes chants de Maldoror (1869), II, 9Les chants de Maldoror (1869), IVLes chants de Maldoror (1869), VLettre d'Isidore Ducasse au banquier Darasse, 12 mars 1870.PoésiesPoésies (1870)Poésies (1870), ExerguePoésies (1870), IPoésies (1870), IIPoésies, ExerguePoésies, I